LAPINS COQUINS

Bientôt Pâques et son cortège de traditions ; œufs, cloches, lièvres ou lapins.

Objets de la convoitise des plus jeunes - quand ils sont en chocolat - les lapins figurent depuis plusieurs siècles sur les toiles des grands maîtres de la peinture européenne et attirent le regard des plus vieux grands ... Dès le 15e siècle, Mantegna représente un lapin effrayé dans le beau panneau conservé à Tours. Figé au milieu d'un pont l'animal peureux dresse les oreilles au bruit de la soldatesque qui se dirige vers le Christ.  Lapin Mantegna

Détail du panneau conservé au Musée des Beaux-Arts de Tours : Mantegna - 1459 - Christ au jardin des oliviers. 

 

Mais à défaut de lapins crétins - pour paraphraser un jeu très populaire - ce sont parfois des lapins coquins ! Preuve en est faite avec la toile de Titien La Vierge au lapin. L'examen scientifique a révélé la présence d'autres représentants de l'espèce. La multiplication de ces petites bêtes est généralement associée à leur énergie sexuelle débordante ....pas tout à fait en accord avec le sujet virginal. Titien les a donc recouverts d'une couche de peinture, étouffant ainsi - dans l’œuf - toute critique sur l'immoralité du tableau. 

Ce sujet sera présenté en salle ART'Hist à Chartres le 24 avril 2015 et sur place - à Tours - lundi 11 mai 2015. Détails et inscription 


UNE DÉFAITE EXEMPLAIRE

"1515, Marignan"  Une date - la seule parfois - qui émerge des brumes lointaines de la petite école.

Un nom, François 1er. Roi adoubé au soir de la bataille par le preux chevalier Bayard. Voilà une leçon bien apprise ! Une petite victoire pour l'instituteur et une manne pour les peintres du 19e siècle. En 1817, à la demande de Louis XVIII, Louis Ducis compose un souverain admirable et triomphant qui répond au besoin d'héroïsme du romantisme naissant. Ce tableau figure aujourd'hui dans les collections du château de Blois, l'une des résidences royales transformées par François 1er. 

Bayard

Sauf que ....les textes de l'époque ne mentionnent pas cet épisode en 1515 mais en 1525; lors d'une autre bataille, perdue celle-ci, funeste épisode de Pavie où le roi se rend et garde ainsi la vie sauve.                                                       Une belle opération de communication en fait.

Car fait chevalier avec ces mots " Dieu veuille qu'en garde ne preniez la fuite ! ", le roi justifie ainsi sa capture, tel un nouveau Roland face aux Sarrasins.  

Ce tableau sera présenté en salle ART'Hist à Chartres mercredi 10 juin 2015 et lors de la visite du château de Blois, lundi 11 mai 2015. Détails et inscription.

 


LÉGUMES POÉTIQUES

"Sur le carreau, les tas déchargés s'étendaient maintenant jusqu'à la chaussée.[...] On ne voyait encore que l’épanouissement charnu d'un paquet d'artichauts, les verts délicats des salades, le corail rose des carottes, l'ivoire mat des navets; et ces éclairs de couleurs intenses filaient le long des tas [...]." 

Léon Lhermitte - Les Halles - 1895 - Petit-Palais - Paris
"Les Halles" - Tableau de Léon Lhermitte - 1895 - Musée du Petit Palais - Paris.

En écrivant Le Ventre de Paris, Emile Zola fait du Courbet en littérature; il prouve qu'avec des sujets méprisés car prétendument indignes de l'art, l'artiste véritable peut concevoir un chef-d'oeuvre. Cette proximité de l'écrivain avec la peinture moderne est bien connue; quelques années auparavant Zola avait défendu l'Olympia de Manet , tableau critiqué pour sa vulgarité et la laideur de son modèle. 

L'écriture du roman se délecte dans la description très esthétique de la matière - les Halles et leurs trésors comestibles - combinant les couleurs et les odeurs avec exaltation. Sa performance est remarquable, le rythme gustatif des mots révèle le poète. 

Le sujet "Les Halles, source d'inspiration" sera présenté en salle ART'Hist à Chartres le 23 et le 24 mars 2015. 

Le quartier des Halles sera commenté lors de la visite pédestre "Naissance de la gastronomie" programmée à Paris le 16 avril et le 25 juin 2015.


MON ROYAUME POUR UN CHEVAL !

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Ainsi implore Richard d'York, dernier des rois Plantagenêts dans le drame historique de Shakespeare: Richard III.

Dépeint comme une sorte de monstre - la noirceur de son âme rejoint la laideur de son aspect physique - il est le dernier roi anglais à mourir sur un champ de bataille.

Richard expire le 22 août 1485 à la bataille de Bosworth Field, épisode sanglant de la guerre des Deux-Roses. Ramassée dans un buisson, sa couronne vint ceindre sur le champ le vainqueur Henri Tudor.

Plus récemment des scientifiques ont examiné le crâne de Richard révélant les dernières minutes de sa vie. A terre, sans casque, le roi recevra de nombreux coups avant de succomber. 

Ses ossements découverts fortuitement en 2012 lors de la construction d'un parking à Leicester seront inhumés en la cathédrale de cette ville le 26 mars 2015.

L'issue de cette célèbre bataille ouvre les portes de la royauté à la dynastie des Tudors.

Ce sujet - l'histoire des Tudors - sera présenté en salle ART'Hist à Chartres du 18 au 20 mars 2015.

Visite guidée de l'exposition "Les Tudors" au musée du Luxembourg, Paris, mardi 21 avril 2015,quelques places disponibles

 


UN DRÔLE DE BRETON

Sur le calvaire de Saint-Thégonnec, le bourreau placé à gauche du Christ affiche une barbichette inhabituelle dans ce genre de représentation. Certains y reconnaissent le portrait du Vert-Galant.

Simple coïncidence ou manifestation hostile liée à l'Edit de Nantes ? Henri IV en bourreau
 
Placé au cœur d'un enclos paroissial,  le calvaire de St-Thégonnec témoigne de la prospérité du Finistère au 17e siècle, âge d'or du commerce de la toile de lin. 

 

 

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             Le sujet " Art et histoire des enclos paroissiaux du Finistère " sera développé lors d'une conférence en salle ART'Hist à Chartres vendredi 26 juin à 10h30.


JEUX D'OMBRES ET DE LUMIÈRES

En ce mois de février, le calendrier chrétien célèbre la Présentation de Jésus -  "lumière pour la révélation aux païens"- au Temple de Jérusalem. Le souvenir de cet événement perdure à travers le rituel de la Chandeleur, fête des chandelles. Une célébration dont le caractère festif est souvent synonyme de gourmandise.

Présentation au temple Mantegna Berlin

L'atmosphère qui imprègne le tableau de Mantegna est pourtant tout autre. Marie portant l'enfant, le vieillard Siméon, Joseph et Anne sont réunis dans un espace unifié par le fond noir. Les regards se perdent, des ombres enveloppent les visages adoucissant à peine la tristesse qui se dégage du groupe. Car c'est aussi là que Siméon annonça à Marie "qu'un glaive lui 
transpercera le cœur".

L'iconographie de la Présentation au temple et les traditions liées à la Chandeleur seront présentées mercredi 25 février 2015 en salle ART'Hist.

 


MANGER POUR MIEUX POSSEDER

En ces temps de festins de fin d'année, de cuisson de pain d'épices, un détour chez nos voisins pour découvrir les caricatures de Gillray sur la France de Napoléon. Voici la cuisson des nouveaux rois (mages) en pain d'épices - ses frères et beaux-frères - que le petit corse s'apprête à poser sur l'échiquier de l'Europe.

 

Sujet développé lors du cycle Naissance de la gastronomie le mardi après-midi et le mercredi matin. Cycle Tout connaître de Paris 

En savoir plus: la caricature anglaise

 

Détail


UNE BONNE POIRE

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Paris 1832.

Un homme audacieux, Charles Philippon et un dessinateur de génie, Daumier démontrent que "tout peut ressembler au roi" et exécutent "la célèbre métamorphose du roi en poire qui va connaître un grand succès". 

 

 

En savoir plus : caricature d'Adolphe Thiers

En savoir plus : Louis-Philippe par Daumier

 

Ce sujet sera développé mardi 2 décembre et mercredi 3 décembre 2014 lors des séances du cycle Tout connaître de Paris - Naissance de la gastronomie. (Salle ART'Hist à Chartres)


LE PROGRAMME DE NIKI

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Peindre avec son coeur, peindre avec ses tripes.

Niki de Saint Phalle appartient à cette sorte d'artiste dont le public reconnait aisément la sincérité. Contemporaine d'une époque où l'art est souvent très - trop - cérébral et abstrait, elle impose l'exubérance des formes et des couleurs.

Ce sujet sera développé du 26 au 28 novembre en salle ART'Hist; cycle Actualité des expositions.

Rejoignez-nous pour un dîner tout en couleurs, précédé d'une conférence sur l'oeuvre de l'artiste vendredi 28 novembre au Grand Monarque à Chartres.                                          Inscriptions au 02 37 18 15 15


CONSEILS CULINAIRES ET SEXUELS D'UN MARI PREVOYANT

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" Le Mesnagier de Paris" est un livre manuscrit d'économie domestique et culinaire rédigé au 14e siècle par un bourgeois parisien doté d'un grand sens pratique et d'une certaine lucidité.

Cet homme mûr ayant épousé une jeune orpheline de 15 ans lui prodigue ainsi divers conseils sur la tenue de sa maison et sur sa conduite.

               Quelques extraits avant de ranger votre rouleau à pâtisserie : " être amoureuse de son mari [...] être humble et obéissante [...] être curieuse et soigneuse de la personne de son mari [...] reprendre doucement son mari dans ses erreurs [...]"

Ce sujet sera développé mardi 4 novembre 2014, conférence en salle du cycle Tout connaître de Paris, "Cuisine et littérature".


PRENDRE RACINE

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ou abus de crèmes végétales ??

Exposition Le Pérugin - Musée Jacquemart-André depuis quelques jours.


VITRAUX BLANCS ET ÉLÉGANTS, AU DÉTOUR D'UN ESCALIER DU LOUVRE

Au Louvre Morellet et Loire

De retour au Louvre, nouvelle rencontre (après l'église de Berlin) avec les vitraux de la famille Loire: ne manquez pas l'escalier Lefuel.

Pas facile à localiser -il est vrai - au coeur du département des objets d'art, coté Richelieu. Un bel exemple d'élégance et de raffinement, accord parfait entre la pureté abstraite de François Morellet et le savoir-faire des maîtres-verriers chartrains. 

A ceux qui ont suivi la visite et aux autres ..... un complément d'information sur ce fichier du Louvre.


LA DENT CREUSE DE BERLIN

L'église du Souvenir - BerlinAvis aux affamés de culture architecturale : la capitale allemande est une étape incontournable qui les laissera repus - et rompus - après avoir arpenté cette ville à l’histoire tourmentée. 

Son histoire récente, de la seconde guerre mondiale à la chute du mur en 1989, a ouvert des perspectives d’évolution où l’autorité absolue du passé a été nécessairement remise en cause. Si à Paris, tout ce qui est vieux et ancien est considéré comme sacré et intouchable ; à Berlin, passé et modernité ne peuvent que s’accorder.

Mariages forcés, parfois curieux comme cette église du Souvenir remaniée dès 1961 à l’entrée du Kurfürstendamm, les « Champs-Elysées » de Berlin. Son clocher en ruine, surnommé la Dent creuse par les Berlinois accompagne le nouveau bâtiment de culte construit par Eiermann. 

Fleuron de la réussite socialiste, la Karl-Marx-Allee allonge ses façades staliniennes désormais considérées comme des monuments historiques près d’Alexanderplatz. Accessoires monumentaux de l'ancien régime, abhorrés naguère et désormais adulés qui servirent de toile de fond au film-culte « Good Bye Lenin». Le film Good Bye Lenin et la Karl Marx Allee

La réunification a occasionné de nombreuses modifications urbaines et attiré tous les grands noms de l’architecture contemporaine :  coupole de Norman Foster sur le Reichstag, Galeries Lafayette de Jean Nouvel, galeries de Renzo Piano ...

Mais, plus le temps passe, plus la distance vis-à-vis des évènements permet de poser un regard plus réfléchi quant à la conservation, la restauration ou la destruction des bâtiments construits sous l'ère soviétique. Dernière controverse : le Palast der Republik situé sur l'emplacement de l'ancien château de Berlin. Le projet de reconstruction du vieux château est à l’origine d’une vive polémique, notamment des populations issues de l'ex-RDA. Faut-il engager de grandes sommes d'argent pour détruire toute trace de la RDA ? Que doit-on conserver pour comprendre la complexité de la société allemande...

L'architecture berlinoise sera présentée lors de la conférence en salle ART'Hist programmée jeudi 5 juin 2014 à Chartres. 


STUPEUR OU STUPA SUR LE PANTHÉON ?

Stupa
Les touristes indiens qui flânent dans le quartier du Panthéon risquent de se frotter les yeux.

L'objet de leur stupéfaction: l'énorme stupa* qui coiffe la coupole du célèbre édifice depuis plusieurs semaines.

Renseignements pris: ce n'est pas une énième transformation du lieu. Mais plus simplement la conséquence de travaux de restauration d'une grande envergure. Faut-il le rappeler ? Ce temple de la nation a connu bien des changements. Erigé à la gloire de Geneviève, sainte patronne de Paris, il fut ensuite consacré au culte "laïc" des grands hommes puis, à nouveau lieu de culte chrétien et finalement rendu à sa destination républicaine en 1885. 

*stupa : monument reliquaire ou commémoratif d'origine indienne, caractéristique du bouddhisme. 

Les visites de quartier programmées    jeudi 15 mai et samedi 17 mai 2014 permettront d'évoquer la gloire (et les déboires) du Panthéon. Départ des visites à 10h30 devant la façade de Notre-Dame de Paris. Durée de la promenade: 2h. Tarif: 12 euros. Inscriptions: 06.60.67.53.66


L’ARMÉE DE PRUNE

Terracotta daughters - Prune Nourry
Terracotta Daughters. Une armée de statues en terre cuite. Réalisée à X'ian, berceau de la Chine impériale. Une oeuvre qui résonne comme un simple pastiche de l'armée militaire et masculine bien connue des touristes.

L'artiste s'appelle Prune. Mais pour elle, les filles ne comptent pas pour des prunes comme le dit la chanson. Touchée par le sort tragique des petites filles en Inde et en Chine, l'artiste témoigne des dérives liées à la sélection du sexe dans ces pays. 

Sortie à 21 ans de l'Ecole Boulle avec les félicitations du jury, Prune Nourry fait partie des nouvelles figures qui pourraient peut-être marquer durablement le paysage de l'art français contemporain. 

A découvrir parmi d'autres figures artistiques mardi 6 mai 2014, salle ART'Hist à Chartres. Conférence "Art contemporain. Tendances 2013." Détails et inscription.

 


MORCEAUX DE ROIS

Têtes des rois de Juda provenant de Notre-Dame de Paris(C) RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge)  Gérard Blot1977. Découverte spectaculaire.         Au n°20 de la rue de la Chaussée d'Antin, on retrouve les fragments de statues provenant de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Têtes des rois de Juda provenant de Notre-Dame de Paris(C) RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge)  Gérard Blot

Cachées dans les sous-sols d'un hôtel particulier du Directoire, ces pièces se trouvaient dans un état de conservation remarquable et constituent désormais un témoignage précieux du décor de l'édifice avant les destructions révolutionnaires.

En 1793, l'entrepreneur Bazin fut chargé de supprimer "les signes de la féodalité" sur la façade de Notre-Dame. Dans un premier temps, il se contenta de faire disparaître les fleurons des couronnes et les sceptres des rois de la galerie occidentale.

Mais cette première dégradation ne parut pas suffisante au Comité révolutionnaire, on ordonna donc la dépose des statues. Travail délicat en raison de la hauteur à laquelle se situaient les oeuvres et de leur poids. Certaines des statues mesuraient plus de 3,50 m de hauteur. Il fallut plusieurs mois pour arriver à les "jeter dans le parvis au moyen de basculles".

Triste plongeon pour ces sculptures monumentales. Jugées encombrantes, elles stationnèrent pourtant plusieurs mois sur le sol avant d'être évacuées par un entrepreneur et de disparaitre dans divers chantiers parisiens.

(Cet article complète le dernier cours du cycle Approches)


VANITÉS IMPERIALES

611 Napoléon Ier (1769-1821) lauré, empereur des Français d'ap Chaudet - CopieDans le monde il n'y a qu'une alternative : commander ou obéir." Ainsi parlait Napoléon.                     Ainsi pensa Auguste dix-huit siècles avant le petit caporal corse.

Cliché : Napoléon Ier (1769-1821) lauré, empereur des Français - Chaudet Antoine Denis (1763-1810) (d'après) (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

Bataille d'Actium ou victoire de Lodi, deux épisodes guerriers qui ouvrent la voie vers le pouvoir suprême.Confrontés à la nécessité de rétablir l'ordre, Auguste comme Napoléon finiront par concentrer sous la couronne impériale toute l'autorité. 

Mais le pouvoir n'a de sens qui si le peuple le voit, le perçoit. L'adhésion se fera par l'image ; l'art devra servir le pouvoir.

Les représentations officielles d'Auguste furent Portrait de l'empereur Auguste - Vers 14 ap J.-C. Portrait idéalisé, posthume  - Paris, musée du Louvre
diffusées dans tout l'Empire sous de multiples formes et sur des supports variés ; portraits peints ou sculptés, monnaies, gemmes, argenterie, monuments divers ...

Portrait de l'empereur Auguste - Vers 14 ap J.-C. Portrait idéalisé, posthume (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski - Paris, musée du Louvre

L'Empire créé le 18 mai 1804 ne pouvait échapper à cette obligation. Puisant dans les prototypes de l'empereur Auguste, les artistes du 19e siècle ont multiplié les images de Napoléon établissant des analogies délibérées avec l'art du portrait impérial romain. Une manière de légitimer le nouvel ordre politique. Sans oublier la coiffe qui fait l'empereur : la couronne de laurier. En composant le tableau du Sacre, David illustre le moment ou Joséphine reçoit la couronne, il omet ainsi le geste de Napoléon se coiffant lui-même de la couronne de laurier. 

Acte principal d'une mise en scène grandiose : Napoléon est à lui seul le gouvernement. 

Que reste t'il de ce sacre impérial ? Peu de chose, une feuille d'or ........

Découvrir au Grand-Palais l'exposition : "Moi, Auguste, empereur ..."

Ecouter le récit de la conspiration du général Malet évoquée en conférence ART'Hist.

 


NAPOLÉON, SIÈGE DU POUVOIR

Napoléon Ier en costume de sacre - François Gérard - (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre)  Thierry Ollivier


Les révolutionnaires se glorifiaient d'avoir renversé le trône de la monarchie; c'est pourtant l'un des leurs qui renoua avec l'usage du vénérable siège en 1804.

Emblématique de l'autorité sans partage de Napoléon à partir du sacre, le trône devient l'objet de toutes les attentions. Le département des objets d'art du Louvre possède toujours le trône du palais des Tuileries tandis que son voisin, le musée des Arts décoratifs abrite le siège destiné aux séances du Corps législatif.Cliché : Napoléon Ier en costume de sacre - François Gérard - (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre)  Thierry Ollivier.

L'accession de Napoléon à la dignité impériale s'accompagna de nombreuses commandes de portraits destinés à une diffusion de l'image officielle à travers l'Empire. Soucieux de souligner la qualité du nouveau pouvoir impérial, plusieurs peintres représentèrent l'empereur et le trône.

Exercice difficile .... la plupart des portraits furent vivement critiqués. En 1805, c'est François Gérard qui propose une première interprétation en réaménageant avec pragmatisme la tradition du portrait royal. Proche du Louis XIV de Rigaud, son Napoléon en "grand habillement" tient les regalia, debout devant le trône dessiné par Percier et Fontaine. Equilibre réussi d'un portrait qui s'inscrit dans la continuité dynastique de l'ancien régime mais portrait peu inventif.  215 Sa majesté l'empereur des Français sur son trône - J.-D. Ingres - 1806 (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais  Emilie Cambier - Copie


La nouveauté viendra finalement d'un portrait traité avec un certain archaïsme. son auteur, Ingres, déconcertera la critique en affichant un empereur hiératique, assis tel Jupiter ou Charlemagne, droit sur son trône. 

 Cliché : Sa majesté l'empereur des Français sur son trône - J.-D. Ingres - 1806 (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais  Emilie Cambier.

 

OUPS ! Un employé de musée casse un siège de Napoléon


HÉROÏSME ET MISE EN SCÈNE

Manifeste officiel du bonapartisme, le grand tableau du peintre Gros " Les pestiférés de Jaffa" concentre toute l'attention sur le courage et l'humanité du général visitant les malades pendant la campagne de Syrie. 

                Si, sur le plan militaire, cette expédition se solda par un échec : les victoires remportées sur place firent beaucoup pour l'héroïsation du soldat devenu entretemps premier consul. Il s'agissait donc de magnifier un fiasco ! 

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa par A.-J. Gros  - Musée du Louvre  (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre)  Thierry Le Mage
Afin de contrecarrer la propagande anglaise visant à créer une légende noire autour de Bonaparte, ce tableau fut exposé au Salon de 1804 au moment où se créait l'Empire. 

Et c'est donc en accord avec Vivant-Denon, directeur du Musée Napoléon ( le Louvre) que l'artiste choisit de situer son sujet dans le contexte d'un empereur héritier des rois de France. Comme les rois qui avaient le pouvoir de toucher les écrouelles, Gros montre un Bonaparte posant la main sur les pustules des soldats atteints de la peste lors de la prise de la ville de Jaffa en mars 1799.

Episode mythique en adéquation parfaite avec la soif d'héroïsme à laquelle aspiraient conjointement les fervents admirateurs du romantisme et du bonapartisme.

Ce tableau est décrit page 55 du livret Promenades parisiennes - vol.1.                                              Il est visible salle 77 au Musée du Louvre, salle des grands formats.


GRANDE ET PETITE HISTOIRE SUR ÉVENTAIL

Naturellement élégant, l'éventail devient aux 17e et 18e siècles un accessoire précieux qui s'adapte aux caprices de la mode. Véritable marqueur social d'une aristocratie et d'une haute-bourgeoisie en représentation, ce petit objet du quotidien offre aux artisans qui le composent un terrain de choix pour rivaliser de virtuosité et d'ingéniosité.  350 déjeuner famille royale 1755 feuille double peau

Soixante-dix pièces disposées dans les salles du musée Cognacq-Jay témoignent de l'excellence des maîtres-éventaillistes parisiens au siècle des Lumières. Du Pont-Neuf aux salons de Versailles, les peintres de ces objets d'art décrivent avec brio et parfois un brin d'érotisme, la grande et la petite histoire de France.

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Le musée Cognacq-Jay est situé à Paris dans le Marais, rue Elzévir.

Visite guidée avec Art'Hist de l'exposition samedi 8 février 2014 de 12h à 13h. Tarif : 15 euros (visite + billet). Inscription au : 06.60.67.53.66

 

 

 


PAPILLONNAGES

            Belle et jeune Psyché, aimée, abandonnée, légère, inconstante ..... Inspirés par les interprétations du mot grec psyché qui signifie à la fois le papillon et l'âme, les artistes au tournant du 19e siècle produiront une multitude d'objets, de peintures, de sculptures exprimant les aspects les plus imprévisibles de l'âme féminine.

160 Base décorée de jeux d'amours. Oeuvre terminée par Pierre Cartellier.
A lire dans le livret "Promenades parisiennes" p. 61  La sculpture de Chaudet : l'Amour et le papillon.

Bibliographie complétant les conférences du 4 et 5 février 2014: "Napoléon et les femmes" - Lilly Marcou - La Martinière - 2008.

 


UN MARIAGE DE RAISON

Fille d'un notaire lyonnais, la ravissante Juliette, âgée de quinze ans, épousa en 1792 Jacques Récamier, banquier, de vingt-sept ans son ainé. Selon la rumeur, Jacques joua davantage le rôle de père que d'époux ....de sa jeune compagne.

A la fois négociant et régent de la Banque de France, Jacques Récamier offrit à Juliette les plaisirs d'une vie luxueuse et mondaine dans leur hôtel de la Chaussée d'Antin et dans leur château de Clichy. Souvent vêtue de blanc, sans aucun ornement, sa beauté rayonnait pourtant par sa grâce et son naturel.

Un idéal de coquetterie que Juliette saura entretenir avec art.  Mais qui agaçera probablement le peintre David chargé de faire le portrait de la belle  ... portrait resté inachevé !   "Madame, les femmes ont leurs caprices, les artistes aussi. laissez-moi satisfaire le mien. Je laisse votre portrait dans l'état où il se trouve."

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Au musée du Louvre - Cycle Tout connaitre de Paris -  pages 52 et 58 du livret Promenades parisiennes : découverte d'un portrait de Juliette et de son mobilier, notamment le lit de la belle égérie.


ROYAUTÉ BARBARE

A l'aube du 5e siècle, l'Empire romain défaillant est envahi par des peuples venus de l'est.

Les Wisigoths se précipitent sur l'Italie qu'ils abandonnent rapidement pour se fixer dans le sud-ouest de la France et sur la péninsule ibérique. Dès la fin du 5e siècle, un grand royaume barbare nait de cette invasion et une civilisation brillante s'épanouit au cours du 7e siècle.

Peuple fraichement converti au christianisme, adepte d'une religion chrétienne simplifiée et donc hérétique aux yeux de Rome, les Wisigoths n'ont laissé que peu de traces de leur activité architecturale hormis quelques petites églises (San Pedro de la Nave).

En revanche, leur goût prononcé pour les arts précieux est magnifiquement 110 CoronaRecesvinto01
illustré par les célèbres couronnes votives du trésor de Guarrazar. Destinées à être suspendues dans un sanctuaire, probablement cachées lors du débarquement des Arabes en 711, elles constituent aujourd'hui l'un des plus beaux témoignages de l'habileté des orfèvres barbares.

Trois couronnes du trésor de Guarrazar sont exposées au musée de Cluny. (Circuit n°1 du livret "Promenades parisiennes - p.21) Ce sujet est développé dans les cycles Approches et Tout connaitre de Paris.


LE CULOT DES SANS-CULOTTES

Les "sans-culottes" ! Parmi les multiples groupes politiques qui émergent avec la Révolution française, en voilà un que notre mémoire collective n'a pas oublié. Il faut reconnaitre que l'expression qui le désigne est pour le moins imagée ...

Sans-culottes
C'est essentiellement à partir de 1792 que ce curieux terme s'impose. Généralement représentés tenant une bouteille de vin d'une main, une pique surmontée d'une tête coupée de l'autre, les sans-culottes nous paraissent bien cruels mais cette iconographie est aussi le reflet d'une société qui - il y a peu - tranchait la main des parricides, pendait ses voleurs, rouait ses criminels, les laissant agoniser en public des heures entières. 

Avides de liberté, de justice, d'une nouvelle société, ces bavards impénitents le disent, le crient dans la rue et lisent avec ferveur l'une de ces nouvelles formes d'expression libre ; le journal du Père Duchesne dont le *vocabulaire haut en couleurs fait écho à la langue populaire des sans-culottes.

L'époque est au changement, il est vrai. Mais si le jeune Siècle des Lumières s'est engagé à faire disparaitre la barbarie sur un plan philosophique, c'est un autre chemin qui permettra de modifer les moeurs. 

Ce sujet complète le cours " La révolution en marche". Cycle Tout connaitre de Paris. 

*A lire : Michel Biard - Parlez-vous le sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne 1790-1794 - Points Histoire - 2011


CAMILLE DESMOULINS, AMOUR ET POLITIQUE

Voisin de Robespierre sur les bancs du collège Louis-le-Grand, Camille Desmoulins fit son droit à Paris et prêta serment en 1785 comme avocat.

Début de carrière assez classique mais rapidement compromis par ...le bégaiement ! L'avocat resta donc silencieux jusqu'en ce mois de juillet 1789.

Camille Desmoulins
Consterné par la disgrâce de Necker, Camille qui a rejoint la foule réunie dans les jardins du Palais-Royal, grimpe sur une table et appelle le peuple aux armes ! Le voici désormais propulsé dans la cour des grands.

              Les quelques années qui lui restent à vivre seront fructueuses : Camille se fait connaitre par des pamphlets audacieux contre le clergé, la noblesse et la monarchie, il est admis au club des Cordeliers sous la présidence de Danton, épouse Lucile - longuement courtisée, reprend sa profession d'avocat, devient père .....et finit par perdre la tête.

Sujet développé le 17 et le 18 décembre 2013 ; cycle Tout connaître de Paris.

 

 CLIC ! CLIC ! 

Téléchargement Promenades parisiennes v

 

 

 


POUDRE DE LICORNE ET POUDRE DE PERLIMPINPIN

Chasse à la licorne ou chasse au dahu ?                                                                 Plus de cinq siècles après son extinction - faute de gibier - mais grâce aussi au septicisme de quelques esprits éclairés, voici le grand retour de la licorne.             Elle revient tout d'abord sur la scène littéraire avec le bel ouvrage que vient de lui consacrer Michel Pastoureau et dans quelques jours l'animal fabuleux sera visible dans un nouvel écrin : on annonce la réouverture de la salle du musée de Cluny consacrée à la très Tenture de la Dame à la Licorne A mon seul désir Paris, musée de Clunybelle tenture dite de la Dame à la Licorne, après toilettage du lieu et de la tapisserie.                                                                                                               Plus surprenant, fin novembre 2012............les nord-coréens ont découvert une tanière de licorne !                                      Une nouvelle qui a rapidement fait le tour des agences de presse avant que la vérité ne soit rétablie : il s'agissait d'une erreur de traduction.

Bien, voilà qui semblait rassurant : la qualité des archéologues nord-coréens n'était donc pas remise en cause.   

Mais quelques jours plus tard, volte-face des autorités locales qui annoncaient - sans rire -  la découverte non pas de la taverne d'une licorne mais celle d'un qilin, un animal plus local "au corps de cerf, à la queue de vache, avec des sabots et une crinière". Sans commentaire et toujours sans rire.

En fait, si, un dernier commentaire s'impose. Les archéologues ont été fortement priés de trouver - en Corée du nord - la taverne du qilin, lieu mythique de l'histoire coréenne. Une façon très locale de démontrer la légitimité du pouvoir en place.                                    A écouter: l'émission en podcast sur France Culture. Michel Pastoureau s'exprime sur le sujet de la licorne. 

La tenture de la Dame à la Licorne sera présentée lors des visites guidées du Musée de Cluny programmées jeudi 9 janvier et samedi 18 janvier 2014. 

 

 

 

 


En vente à Chartres, librairie L'Esperluète et chez Rigal

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" Promenades parisiennes " - Anne Chevée                                                   Editions ART'Hist - 8 euros.                                                                                          Deux circuits pour (re)découvrir Paris.                                                                                                                         Circuit n°1 : Paris, les premiers sièclesDe l'ile de la Cité aux arènes de Lutèce.                                                         Circuit n°2 : Paris révolutionnaire et impérial. De l'église Saint-Sulpice à la Concorde.

 

Envoi postal : 8 eur + 1,80 eur frais de port. Soit : 9,80 eur. ART'Hist - 23 rue du Petit Change 28000 Chartres. Commande et contact : 06-60-67-53-66 (répondeur) ou [email protected]

 La bande-annonce de PROMENADES PARISIENNES  ;  Téléchargement Promenades parisiennes v


FRIDA ET DIEGO. A LA VIE, A LA MORT.

Le Mexique, une passion partagée. " A une autre époque, je m'habillais comme un garçon, les cheveux coupés courts, un pantalon, des bottes et une veste de cuir, mais quand j'avais rendez-vous avec Diego, je passais ma robe Tehuana." Journal de Frida Kahlo.

Frida Kahlo

Frida, probablement plus que Diego, a donné une large place aux éléments de la culture mexicaine dans sa peinture. Peintre de l'histoire et non des coutumes, Diego Rivera est un des acteurs importants de l'éclosion du muralisme, cette nouvelle ère picturale du début du 20e siècle caractérisée par des fresques monumentales. 

L'oeuvre de Frida Kahlo se préoccupe davantage de l'introduction des éléments de l'art populaire mexicain, à la fois par ses formats et par le traitement des sujets. Soucieux de l'assimilation sociale et de l'intégration culturelle de la population indienne, le couple s'engage sur le plan politique et rejoint l'idéal communiste. Mais chez Frida, la prétention de faire entrer des contenus politiques dans ses oeuvres pour "être utile à la révolution" se manifestera seulement au cours de sa dernière phase créatrice.

Victime en 1925 d'un terrible accident de la circulation, Frida subit de multiples interventions chirurgicales et reste handicapée à vie. Déchirée - au sens réel - par la douleur physique et morale, l'artiste compose une peinture profondément intime. Son art se détourne de la simple reproduction de la réalité extérieure et empiète sur le monde de l'inconscient. Une particularité qui explique l'intéret que lui porteront les surréalistes. 

 L'exposition du Musée de l'Orangerie, à Paris, se poursuit                                   jusqu'au 13 janvier 2014.

 Ce sujet sera développé dans le cadre du cycle "Actualité des expositions". 

Un dîner-conférence " Frida et Diego" est programmé vendredi 29 novembre 2013 au Grand Monarque à Chartres; il reste des places disponibles.  Réservation au  02 37 18 15 15.

 

 


DUR, DUR D’ÊTRE UN HÉROS

La nudité fut longtemps "héroïque". Un constat aisé à vérifier dans les salles de l'Antiquité gréco-romaine au Louvre. Car le mot désigne l'homme au sens d'être fort, capable de prendre les armes pour défendre un idéal.                            Et voilà, tout est là ! Car ce personnage est aussi un idéal ; pour preuve son courage qui le mène à défendre de justes causes.

Mercure - Pierre et Gilles
Dans l'art de l'Antiquité classique, la perfection physique du héros renvoie aussi à la conception selon laquelle le corps parfait sera la représentation d'un esprit parfait ..... Nous sommes les héritiers de cette pensée très occidentale. Donc la voie semble difficile pour ceux qui ne correspondent pas tout à fait aux mensurations requises. Le sujet n'a cessé d'alimenter le débat, à la fois sur un plan artistique (le peintre David fit l'objet de sévères critiques à propos de la nudités des guerriers figurant sur le tableau des Sabines ) mais aussi - et les conséquences furent dramatiques - sur un plan politique lors de la montée en puissance des idéaux du nazisme.

Sujets développés en cycle Approches (l'art grec), cycle Tout Connaître de Paris (David - les Sabines) et cycle Actualité des expositions (Masculin/Masculin au musée d'Orsay).


LES DIEUX DE LA GAULE

N'en déplaise à Panoramix - illustre druide propulsé par Goscinny et Uderzo, "gardien" des traditions celtiques - un fait s'impose : nous connaissons mal les dieux de la Gaule antique.                                                                                    Il est vrai que pour la période antérieure à la conquête romaine les informations sont assez rares. On sait que les Gaulois adoraient particulièrement les forces de la nature - rochers, arbres, sources, fleuves - mais qu'ils ne représentaient pas leurs dieux. 

59 Cernunos Pilier des Nautes Musée de Cluny Paris

Tout change après Alésia. Sous l'influence de Rome, les Gallo-Romains représentent désormais leurs divinités sous une forme humaine ou animale, parfois mixte. Ainsi Cernnunos, le dieu aux bois de cerf. Des fouilles effectuées au 18e siècle sur l'ile de la Cité, ont permis de retrouver des pierres sculptées à l'époque où Paris s'appelait encore Lutèce. Divinités gauloises et dieux romains cohabitent sur les différentes faces de ces blocs.

L'hypothèse généralement admise est celle d'un pilier votif, offert par la puissante corporation des Nautes soucieuse d'établir un climat de bonne entente avec l'occupant. Désormais conservés au musée de Cluny, à Paris, ces six blocs offrent un rare exemple de mixité religieuse à portée probablement politique.  

Ce sujet présenté dans le cadre du cycle Tout connaître de Paris sera repris lors des prochaines visites du musée de Cluny.

 


LUXE, DÉSIR ET VOLUPTÉ ...SI AFFINITÉS

                                         Loin des guinguettes peintes d'une touche alerte par Renoir et ses contemporains, entre 1860 et 1910 l'Angleterre victorienne revit à sa façon les heures glorieuses de l'Antiquité gréco-romaine. Aux yeux de l'élite britannique, cette culture du passé semble alors capable de réformer la société tout en régénérant les arts. Certains artistes y trouvèrent largement leur compte et surent exploiter la manne financière que représentait cette tendance culturelle.

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                                                D'origine néerlandaise mais naturalisé britannique, Lawrence Alma-Tadema en est certainement le représentant le plus célèbre. Doté d'un savoir-faire exceptionnel, il maitrise parfaitement les ressources esthétiques de la peinture à l'huile composant des oeuvres d'une grande perfection technique. Jeunes grecques au front pur, élégantes matrones romaines, éphèbes et patriciens évoluent dans de somptueux décors de marbre et de tissus précieux. Sous couvert d'histoire antique, Tadema transpose allégrement la scène de genre nordique sous des cieux plus méditerranéens. Véritable magicien du décor, ses toiles composées avec soin fourmillent de détails archéologiques et ressuscitent les activités quotidiennes des élites d'autrefois. 

Tableaux-miroirs d'une société fantasmée par la grande bourgeoisie anglaise qui se complait dans ce rêve d'un monde où tout ne serait que luxe, parfois calme et souvent désir, voir volupté ...

Exposition du musée Jacquemart-André" Désirs et volupté à l'époque victorienne " jusqu'au 20 janvier 2014. 


LE ROI BOIT !

                                  Quel remue-ménage dans ce tableau de Jordaens ! On boit, on trinque, on chante ; hommes et femmes, jeunes et vieux sont réunis pour célébrer la fête des rois. Une coutume sympathique, au 17e siècle elle donnait lieu à des agapes animées chez cette bourgeoisie marchande que connaissait bien le peintre. On célèbre toujours les rois aujourd'hui mais qui se souvient des origines de cette fête ? 

Le roi boit - Jordaens - 17es - Musées royaux - Bruxelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                   Selon sa version chrétienne, il s'agit de l'Epiphanie : la manifestation de Dieu aux puissants de ce monde, les rois. Mais elle correspond aussi à l'adaptation - par l'Eglise - de la fête païenne des Saturnales. A Rome, entre le 17 et le 23 décembre, on donnait de grands festins en l'honneur de Saturne, ancienne divinité italique sous laquelle les hommes avaient vécu un âge d'or. 

Âge d'or qui ressurgit brièvement le temps de la fête des rois et qui se résume en trois verbes:  boire, manger et ...... ne pas travailler.

Pour en savoir plus:  Jordaens a interprété ce sujet à plusieurs reprises au cours de sa carrière. L'exposition qui se tiendra cet hiver au Musée du Petit Palais permettra de redécouvrir le plus festif des grands peintres flamands. Ce thème sera présenté en salle ART'Hist (cycle Actualité des expositions) à Chartres en octobre 2013.


HISTOIRE DE COEUR

"Ami toujours excellent, toujours dévoué, toujours paternel et tendre jusqu'à la dernière année de sa vie". Ces mots témoignent de l'amitié profonde qui unissait Solange Clésinger, fille de George Sand à Chopin. Ils ne reflètent pas la tension qui fut pourtant à l'origine de l'éviction du musicien de l'intimité des Sand.

Tombe de Chopin au Père-Lachaise
Solange qui n'a connu que l'atmopshère protégée de Nohant est tombée follement amoureuse du sculpteur Auguste Clésinger et n'a pas hésité à rompre ses fiancailles avec un jeune aristocrate berrichon pour épouser Clésinger, trois mois plus tard. Chopin réprouve cette union car il se méfie du caractère extraverti et fantasque du sculpteur. Celui-ci vient de faire sensation en exposant une femme nue à la posture jugée indécente et le musicien s'inquiète pour la jeune épouse : "Je vous garantis qu'à la prochaine exposition, le public aura l'occasion de contempler  (...) le ventre et les seins de sa femme."

Chopin acceptera néanmoins Clésinger par affection pour Solange et il restera proche du couple jusqu'à sa mort. Attentif à toutes leurs difficultés, il ne ménagera pas son soutien lorsque le couple traversera l'épreuve difficile de la mort d'une petite fille.

Auguste et Solange assisteront aux derniers moments du pianiste. Selon le souhait des amis de Chopin, Clésinger réalisa le médaillon et la statue qui ornent sa tombe au cimetière du Père-Lachaise. 

Toujours pour respecter les dernières volontés de l'artiste, le cœur de Chopin fut rapporté en Pologne et scellé dans un pilier de l'église de la Sainte-Croix à Varsovie. 

Visite du cimetière du Père Lachaise, samedi 15 juin 2013 de 11h à 12h45 environ. Contact et inscription préalable obligatoire au : 06.60.67.53.66 (plus de détails dans la rubrique Visites guidées - Téléchargement des bulletins)


PLUS DURE SERA LA CHUTE

Contemporain d’une époque troublée par les guerres de religion et homme de culture, Bruegel a su parfaitement exprimer les angoisses de la Renaissance.  Familier des textes bibliques et fin observateur de la société, son œuvre se nourrit d’une fausse truculence qui le détache de l’ensemble de la peinture du 16e siècle.

400 La Chute des anges rebelles 1562 P sur bois B le Vx Bruxelles

                                              Chute des anges rebelles ou chute d'Icare, le déclin programmé de la nature humaine figure en bonne place sur deux tableaux conservés à Bruxelles, patrie du peintre.

LA CHUTE DES ANGES REBELLES.  Ce panneau peint en 1562 offre une vision apocalyptique très proche de l'esprit de Jérôme Bosch : l'archange Saint-Michel et son armée mènent un terrible combat contre un animal satanique et une troupe d'anges rebelles. En fait aucun texte de la Bible ne relate vraiment cet épisode. Cependant selon le prophète Isaïe ou encore l'apôtre Pierre, Lucifer tombé du ciel entraine dans sa chute une légion d'anges rebelles. Episode que les théologiens du Moyen-Age interpréteront comme l'origine du mal sur terre et donc du péché originel.

ArchangeAu centre, St-Michel en armure porte la croix de la Résurrection sur son bouclier tandis que les anges qui combattent à ses côtés sont revêtus de robes blanches. La mêlée est terrible, en regardant bien on découvre la grande queue de la bête à gauche de St-Michel et quelques-unes de ses têtes couronnées dans le bas.

Au fil de leur descente les forces sataniques se transforment en déMoules et crabemons bestiaux, hybrides ; et Bruegel se montre aussi créatif que Jérôme Bosch dans la composition des monstres.

 Ainsi, dans l'angle inférieur droit, deux coquilles de moules servent d'ailes à un corps de poisson muni de pinces de crabe. 


                                          La vision breughélienne - partagée entre épanouissement  de l’humanisme et intolérance religieuse - évoque à la fois la fin du monde et l’optimiste d’un avenir recentré sur l’homme.

Mais gare aux naïfs enivrés par l’espérance d’un monde meilleur car « plus dure sera la chute » …


UN CHAPEAU SUR LA TOUR MONTPARNASSE

Projet de chapeau pour la Tour Montparnasse
Projet fou ? Pour changer l'esthétique de la tour Montparnasse, l'équipe d'architectes menée par Jean Nouvel pense coiffer le bâtiment d'un chignon signé Franck Gehry.

Rêve ou projet réalisable ...

Si le sujet du Grand Paris vous intéresse le Lions Club Chartres Doyen organise un dîner-conférence sur l'urbanisme (en particulier le Grand Paris) avec l'urbaniste Marc Wiel Jeudi 6 juin 2013 au restaurant "le Zinc".Tarif: 30 euros.  Inscriptions : 02.37.21.97.96


LES ROUSSES FLAMBOYANTES DE JEAN-JACQUES HENNER

                     Défini comme un peintre académique, Jean-Jacques Henner fut un artiste à succès cumulant commandes de portraits et achats de l'Etat tout au long des quarante années qui couvrent le Second Empire et la IIIe République.

Très impliqué dans l'organisation de ce que l'on a coutume d'appeler l'art académique, il resta néanmoins ouvert aux idées novatrices de son temps  et particulièrement aux idées des impressionnistes.

Lointain héritier du sfumato de Léonard de Vinci, Henner exprime deux tendances profondes de son art dans le magnifique portrait de la comtesse Kessler: réalisme et douceur du modelé. Les carnations nacrées de ses figures s'associent souvent à des fonds sombres qui magnifient le modèle et l'installent dans un espace hors du temps.  C'est précisément cette interprétation libre et poétique de la réalité qui l'éloigne par bien des cotés de l'académisme. 

La comtesse Kessler - Musée Jean Jacques Henner - Paris
La Comtesse Kessler -
1886 - Musée Jean-Jacques Henner- Paris

Adepte des contrastes simples, il utilise une palette de couleurs très économe mais qui s'affirme par sa puissance.

Usant et abusant de la couleur rousse, Henner compose des figures intemporelles qui le situent en marge des courants officiels.

Conférence en salle ART'Hist à Chartres sur l'oeuvre du peintre mercredi 29 mai 2013 - Places disponibles

Visite du Musée Jean-Jacques Henner jeudi 30 mai 2013 - Places disponibles 

Voir détail des horaires et inscriptions dans la rubrique Visites guidées

 Télécharger le Petit Journal de l'exposition en cours


NOS ANCÊTRES LES GAULOIS

Bien que mal connue, la religion gauloise a légué de nombreux témoignages de ses croyances spirituelles.                                                                        Les gaulois adoraient visiblement les forces de la nature - rochers, arbres, sources, fleuves - mais ils ne représentaient guère leurs dieux, se moquant même des Romains qui donnaient aux leurs des formes humaines.

Puis vint Alésia .....  

Les Gaulois devenus Gallo-Romains représentèrent leurs dieux sous une forme humaine ou animale mais selon une inspiration et une technique souvent très éloignées des apports romains. 

Ainsi, le dieu d'Euffigneix probablement sculpté au début de la période romaine; la Dieu d'Euffigneix (Marne) conservé à Sy-Germain-en-Laye
forme générale de cette sculpture évoque encore les statues de bois taillées grossièrement.

 Si l'emploi de la pierre témoigne d'une influence des usages de la sculpture gréco-romaine, de nombreux symboles confirment l'appartenance celtique: le torque autour du cou, la coiffure en longues mèches, la représentation d'un oeil protecteur sur le torse et bien sûr le sanglier, devenu par le biais d'une célèbre bande dessinée le symbole même de la Gaule indépendante. 


Mercredi 21 mai 2013 -  Séance de "révisions" en salle ART'Hist à Chartres  - « De la Préhistoire à l’occupation romaine, aux origines de la France »    9h30 à 11h30. Voir rubrique visites guidées.

Jeudi  23 mai 2013 - Visite du Château de Saint-Germain-en-Laye  - « Histoire du château et collections permanentes du musée d’Archéologie nationale »  -  11h à 13h. Voir rubrique Visites guidées



UNE BELLE IMPRESSION ITALIENNE, LES MACCHIAIOLI

L'exposition qui vient d'ouvrir ses portes au Musée de l'Orangerie offre le double avantage de séduire le visiteur tout en révélant un pan de l'histoire européenne parfois méconnu des français.

102               Mais qui sont ces artistes au nom si difficile à prononcer ?


Les macchiaioli, groupe de peintres italiens à propos desquels les historiens polémiquent encore pour savoir s'ils annoncent ou suivent le mouvement impressionniste.

Entre 1855 et 1870, ces artistes rejettent l'académisme et adoptent une vision "scrupuleuse et exacte des formes".

Adeptes d'une peinture synthétique, leurs paysages et les sujets inspirés de la vie bourgeoise et de l'histoire - tumultueuse - de l'Italie contemporaine, sont traités à l'aide de la macchia, tache de couleur violemment contrastée.

Peinture de paysages élégiaques, peinture de l'intimité, l'oeuvre des macchiaioli est aussi le reflet d'une société en pleine évolution au cœur des guerres de l'Indépendance italienne.

G. Abbati - Le cloître de Santa Croce à Florence

 Une visite commentée de l'exposition est programmée jeudi 25 avril 2013 à 11h.    Voir la rubrique Visites guidées.

 


UN CURIEUX PAPYRUS .....

Le musée de Turin conserve un bien curieux papyrus que la bienséance a longtemps tenu à l'écart des visiteurs.

Il s'agit d'un document unique, satirico-érotique, qui perturba un certain Champollion venu l'étudier au Musée de Turin où il est conservé depuis le début du XVIIIème siècle.  Turin

A l'occasion de l'exposition organisée par le Louvre sur les dessinateurs égyptiens - "scribes du contour" - une copie du document sera présentée salle Richelieu. 

Une conférence à regarder:  à propos du papyrus érotique


MITHRA SOUS LE SOLEIL DE LENS

Religion à mystère liée au Soleil, le culte de Mithra a laissé de nombreux sanctuaires en Europe. Très répandu en Asie Mineure, il fut probablement découvert par les Romains au cours du 1er siècle avant J.C. 

Puis, colporté par les soldats et les marchands, le mithriadisme se développa grâce au soutien d’empereurs romains comme Aurélien et Julien l’Apostat. Ce dernier tenta en vain d’en faire la religion officielle de l’Empire, associant Mithra et Apollon.

Contrairement à la croyance traditionnelle, les cultes orientaux – Mithra, le culte d'Isis et le christianisme – promettaient aux fidèles le salut dans un autre monde en récompense de leur foi.

Cette doctrine de l’immortalité justifia en partie leur succès. Mais ils présentaient aussi l’avantage d’abattre les barrières sociales et ethniques entre les initiés dans un monde souvent injuste et dur. IMG_0588

 Depuis quelques mois, le Louvre-Lens abrite un magnifique relief illustrant une cérémonie du culte de Mithra.  L’œuvre – particulièrement impressionnante – représente le sacrifice du taureau, en l’égorgeant, Mithra répand le sang de l’animal et féconde ainsi la terre. 

Visite du Louvre-Lens lundi 22 avril 2013. (Voir la rubrique Visites guidées) 


LE PETIT DERRIÈRE BLANC DE SOLANGE

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"Jcrois que je serai le premier au Salon de cette année, que je serai décoré, enfin que j'aurai acquis cette position tant souhaitée, tant jalousée et que seul j'aurai conquise à mon âge ..." 

Paris 1845. L'artiste qui se décrit en ces termes élogieux n'est autre que le gendre de George Sand, Auguste Clésinger. Sculpteur au caractère ombrageux, l'homme avait une très haute opinion de son art et de fréquents coups de tête ont rythmé toute sa carrière. C'est un succès de scandale qui lui assura enfin la renommée en 1847. 

Clésinger invita tous les critiques à un souper fort gai et bien arrosé avant de présenter son nouvel envoi au Salon: le corps lascivement étendu de " la très belle, très bonne et la très chère " de Baudelaire. Le succès ...et le scandale furent immédiats !

Le modèle était connu, Apollonie Sabatier que tous appelaient la Présidente. Si l'oeuvre fut louée par Théophile Gautier qui décrit une belle "figée à son insu dans un moule magique à l'instant où quelque rêve charmant et terrible la faisait se tordre dans sa couche, de plaisir et de douleur", plusieurs voix s'élevèrent aussi pour dénoncer l'indécence et l'impudeur de la statue.

Chopin, notamment, ami de l'épouse du sculpteur qui semble craindre que bientôt l'artiste ne sculpte "dans le marbre blanc, le petit derrière de Solange" ....

 

Cette oeuvre sera présentée lors de la conférence organisée par le Lions Club Chartres Doyen  au profit de ses oeuvres sociales , vendredi 15 mars à 20h30 à Chartres, salon Marceau (Hôtel de ville): "Le nu féminin et l'art parisien du 19e siècle"

Prix des places : 10 euros - achat des billets sur place ou au magasin Grand Litier rue de la Pie à Chartres.





PRESTIGE DE L’ORFÈVRERIE MAMELOUKE

Une seule feuille de laiton compose ce bassin, chef-d'oeuvre de l'art mamelouk. Bassin dit Baptistère de saint Louis
Abusivement surnommé "baptistère de Saint-Louis" au 18e siècle, il semble qu'il ait servi au baptême de Louis XIII puis à celui du prince impérial Napoléon-Eugène, futur Napoléon III. Quant à Louis IX, Saint-Louis, il n'a jamais été baptisé dans ce bassin ...puisque lors de sa naissance en 1214, l'oeuvre n'existait pas !

Détail Baptistère de Saint-LouisLe décor tapissant est incrusté de larges plaques d'argent regravées d'or. Sous les Mamelouks le travail d'inscrustation ne cesse de devenir plus fin, plus précis; il décrit avec fidélité la vie de cour telle que nous la font connaitre les textes. Un défilé d'officiers se dirige vers le souverain figuré en chasseur monté sur un cheval et terrassant un animal sauvage. Cette exaltation des vertus du prince rappelle que grâce aux Mamelouks l'Egypte connaît alors un rayonnement incontestable. Elle renoue avec une gloire qu'elle ne connaissait plus depuis l'Antiquité. 

L'oeuvre sera présentée en salle ART'Hist à Chartres pour le cycle Actualités des expositions du 27 au 29 mars et lors des visites d'application (voir rubrique Visites guidées).

Afin de préparer votre visite en famille des salles Arts de l'Islam au Louvre: quelques supports d'activités manuelles sont disponibles dans la rubrique Ateliers pour vos enfants.

 



GRÂCE ET POÉSIE .....SCANDALE ET MODERNITÉ

Le Concert champêtre - Titien - Louvre

En cette fin d'une chaude journée d'été, dans un paysage champêtre, un groupe de jeunes gens joue de la musique tout en profitant de la douceur du soir.
Au loin, l'horizon bleuté contribue au sentiment d'harmonie qui se dégage du tableau de Titien. L'art du célèbre peintre vénitien atteint sa plénitude dans ce type de toile qui combine la rigueur classique à des effets chromatiques d'une grande subtilité.

Trois siècles plus tard, c'est un sujet identique qui scandalise le public du Salon des Refusés: deux femmes dévêtues en compagnie de deux hommes habillés, en pleine nature. Le Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet témoigne pourtant de l'intéret que porte son auteur aux maîtres anciens. Mais si la composition est proche du tableau de Titien, le sujet s'en éloigne par le caractère moderne de son traitement. La critique reprochera à Manet d'avoir sélectionné un sujet "en vue du scandale". "Nous ne pouvons trouver que ce soit une oeuvre parfaitement chaste que de faire asseoir sous bois entourée d'étudiants en béret et en paletots, une jeune fille vêtue seulement de l'ombre des feuilles."

Le Concert champêtre du Titien sera étudié lors de la visite d'application prévue au Louvre jeudi 21 février 2013. (Voir rubrique Visites guidées)


LE TAPIS VOLANT DU LOUVRE

Objet de confort et de luxe, le tapis constitue un élément incontournable de la civilisation islamique. Support de prière, composante des trônes, il permet aussi de s'asseoir et de dormir .

Très tôt, la qualité des tissages et la beauté des décors ont fasciné les voyageurs européens. Exportés vers l'Occident, symboles de la prospérité de leurs propriétaires ces tapis apparaissent dès le 14e siècle dans les tableaux des peintres flamands et italiens.  

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A partir du 16e siècle, les ateliers safavides rivalisent d'imagination; les tapis se couvrent d'une nature luxuriante, images d'un monde paradisiaque où évoluent de nombreux animaux, réels ou imaginaires.

Orné de motifs géométriques ou de dessins plus élaborés, le tapis favorise le rêve. Dans les contes des Mille et Une Nuits, il révèle son pouvoir et transporte les humains vers un monde merveilleux. 

C'est un tapis d'un nouveau genre, au drapé métallique et aux reflets facétieux qui couvre depuis quelques mois l'une des cours du Louvre. Flottant délicatement sur les collections des arts de l'Islam, cette verrière ondulante tissée de mailles de verre et de métal abrite désormais des trésors qui semblent tout droit sortis de la caverne d'Ali-baba.

Visite des collections des Arts de l'Islam au Louvre  - samedi 2 mars 2013

Vacances d'hiver: Atelier-enfants mercredi 27 février 2013 à Chartres. Découverte du conte d'Aladin et de quelques chefs-d'oeuvre des collections du Louvre.

Détails et bulletins d'inscription dans la rubrique Visites guidées.



L'ART DU VOYAGE AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

Au pays du soleil levant, l'estampe "ukiyo-e" a marqué de façon tout à fait unique la représentation du paysage. 

Série des Cinquante-trois relais du Tôkaidô 46eme vue

Ce sont deux artistes japonais - Hokusai et Hiroshige - qui renouvellent profondément cette expression picturale au cours du 19e siècle. Jusque dans les années 1830, le paysage avait essentiellement joué un rôle accessoire dans les estampes de belles femmes ou de portraits d'acteurs. Désormais il s'émancipe, devient le sujet réel de l'image et ce sont les figures qui viennent soudain se subordonner aux vues paysagères.

Hiroshige s'attache à la description de points de vue qu'il intensifie par des cadrages inhabituels tout en observant avec humour l'activité et les peines du peuple travailleur.Détail


La série d'estampes qui valut à l'artiste une célébrité mondiale est consacrée à la route du Tokaido ou Route de la mer Orientale qui conduisait de Edo - aujourd'hui Tokyo - à Kyoto. Longue de 500 kilomètres, les voyageurs à pied devaient compter 10 à 16 journées de marche pour la parcourir. Hiroshige a représenté les 53 étapes de cette route dans de nombreuses estampes publiées à différentes époques. 

 

Ce sujet sera développé lors du cycle Actualité des expositions en salle ART'Hist du 16 au 18 janvier.

Une visite guidée de l'exposition de la Pinacothèque consacrée à Hiroshige est prévue samedi 19 janvier 2013. (places disponibles)


L’ANTIQUITÉ RÊVÉE

Au 18e siècle, Rome devient la plaque tournante des découvertes archéologiques qui se poursuivent à Naples, en Sicile et sur les sites helléniques d'Asie mineure.                                                                     Pannini
 Le prestige de la ville attire artistes et amateurs fascinés par les modèles de l'art antique. Désormais, une nouvelle approche de l'histoire ancienne permet de mieux comprendre la sculpture des artistes grecs soumis à l'Empire romain. Copies et moulages en plâtre alimentent les collections privées tandis que se poursuit le trafic des objets de fouille.                                                                               Témoin privilégié de cet engouement, l
e peintre Giovanni Paolo Pannini imagine un espace grandiose abritant les rêves de son commanditaire: une galerie gigantesque ornée de tableaux illustrant les grands sites de la Rome antique et ornée des plus célèbres sculptures de cette époque prestigieuse.                                                                           Proche de la veduta d'architecture, expression de la passion naissante de l'Europe des Lumières pour les espaces muséographiques, le tableau de Pannini confond réalité et imaginaire dans une mise en scène spectaculaire. 

Ce tableau sera étudié jeudi 6 décembre 2012 lors de la visite d'application: "Peintures italiennes du Musée du Louvre". Détails dans la rubrique Visites guidées.

 


TIEPOLO ET LES AMOURS DES DIEUX

Décorateur exceptionnel, Giambattista Tiepolo devint au 18e siècle le premier peintre de Venise et l'un des artistes les plus courtisés par l'aristocratie européenne.

Dans les toiles de petites dimensions comme dans les grandes fresques, ses représentations des amours et des rivalités des dieux de l'Olympe lui offrent l'occasion d'exprimer sa fabuleuse imagination créatrice. Mise en scène vivante, jeu parfois ironique des personnages, ces sujets autorisent une liberté d'invention que les autres commandes ne lui permettent pas. 18

L'épisode de la course d'Apollon sur les traces de Daphné est peint par Tiepolo vers 1743 alors que l'artiste est au sommet de son art. Le tableau - aujourd'hui conservé au Louvre - évoque une autre interprétation, celle qu'en fit le sculpteur Bernin au siècle précédent.                                                                         Les deux artistes se rejoignent sur le plan dynamique; la course éperdue de Daphné est prétexte à une mise en scène mouvementée, source d'une interprétation sensuelle du mythe. 

Cet article complète le cours du mercredi Cycle Tout connaître du Louvre, consacré à la peinture italienne du 18e siècle.