Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage

Monet AIChicago 1890 91 meules neige effets soleil
Cette citation de l'écrivain Nicolas Boileau extraite de L’Art poétique, un poème paru en 1674, garde toute son actualité, près de trois siècles et demi plus tard.
Monet fit de même, en multipliant ses études sur les meules de foin, traquant à des moments divers de la journée une vérité visuelle fugitive : « Je pioche beaucoup, je m'entête... "
En ce début d'année, comme le peintre de Giverny et en suivant les conseils de Boileau, je nous souhaite persévérance et satisfaction malgré les difficultés.
Meule de foin, effet de neige, soleil - vers 1890-1891 - Claude Monet - Art Institute Chicago

Saint Nicolas, Neptune et le père Noël...

Main-image (3) - Copie

Un saint évêque, le dieu des mers et un porteur de hotte forment un bien curieux trio dont l'union illumine le temps scintillant de l'Avent. Improbable rencontre qui mérite que l'on rembobine le fil d'une histoire tissée de toutes pièces par la mémoire collective. N'est-ce pas précisément ce que l'on appelle la magie de Noël ? 

Le personnage de saint Nicolas est inspiré de Nicolas de Myre, saint très populaire mais sur lequel planent de nombreux doutes quant à sa réalité historique.

Né en Asie Mineure vers 270 après J-C. dans une petite ville maritime, ce saint évêque fut très tôt honoré en Orient. Puis, suite au transfert de ses reliques à Bari sur la côte italienne en 1087, son culte va connaitre un formidable essor et gagner le nord de l'Europe.

L’un des épisodes de sa vie aura un immense écho dans l’Occident chrétien ; il concerne la dotation faite en secret des trois filles d’un noble tombé dans la misère. Pour les sauver de la faim, ce dernier envisage la possibilité de prostituer les jeunes femmes. Jetant discrètement des pièces d'or par la fenêtre de la maison, Nicolas permet au père de marier honorablement chacune de ses filles. C’est très certainement à cause de cette action mais aussi parce que sa fête a lieu en décembre que Nicolas devient, dès la fin du Moyen Age, le saint distributeur d’étrennes. 

Elu évêque, loué pour ses multiples qualités, Nicolas remplace avantageusement Neptune lorsqu'il apparait miraculeusement aux côtés de marins pris dans la tempête. Marins et ports se placeront désormais sous sa protection.

Un autre fait attribué à Nicolas apparait tardivement en Occident et résulte probablement de la fusion de divers moments de sa vie légendaire. Mis en musique, il raconte la macabre mésaventure de trois innocents qui réclamaient asile pour la nuit à un boucher ou à un aubergiste. Ce dernier, peut-être conseillé par sa femme, décide de les tuer, de les découper et de mettre au saloir leurs chairs préparées. Crime resté impuni jusqu'à la venue de saint Nicolas, sept années plus tard. Lequel demande à son tour un souper à l'assassin et désigne le saloir où sont conservés les corps des petites victimes. Le saint ressuscite alors les trois enfants. La forme du tonneau duquel surgissent les ressuscités a peut-être inspiré la hotte du père Noël. 

Saint Nicolas ressuscitant les trois jeunes gens (détail) - Bicci di Lorenzo (Florence , Italie 1373-1452) - Courtesy of Metropolitan Museum of art, NY, US 


Apothéose du 11 novembre 1920

Apothéose du 11 novembre 1920 Iwill Paris Musées collections
Enveloppant le pont Royal et le pavillon des Tuileries, une brume lumineuse accompagne les Parisiens qui déambulent en ce jour de commémoration de la paix et de la victoire.
Cette année-là, la cérémonie prit une dimension particulière ; la République française fêtait son cinquantenaire et l'on honora les morts de la guerre en inhumant à Paris un soldat inconnu.

Dès novembre 1918, Maurice Maunoury, député d’Eure-et-Loir, fit une proposition de résolution à l'Assemblée pour inviter le Gouvernement à déposer les restes d’un soldat non identifié au Panthéon.

L'auteur de cette scène intitulée Apothéose du 11 novembre 1920 est Marie-Joseph Léon Clavel. Peintre paysagiste français, il est plus connu sous le nom de « I WILL » (en anglais : « Je le ferai »). Un surnom tôt adopté par Clavel afin de signifier sa détermination dans le choix d'une carrière artistique malgré les réticences de son père.

Retenu prisonnier en Suisse pendant la guerre de 1870, Clavel avait été frappé par la beauté de la nature, ce qui détermina son orientation vers la peinture de paysage. Excellant dans l'interprétation des effets climatiques, il joue avec élégance des effets de la lumière à travers une gangue nocturne qui adoucit les contours des architectures.  

Apothéose du 11 novembre 1920 - IWILL (1850-1923) - Musée Carnavalet, Paris.

Éloge de la brioche

E. Manet Metropolitan Museum of Art NYC'est un adage bien connu des gastronomes, la nourriture renvoie chacun à sa propre histoire.

Symbole de richesse, abusivement associée à une fausse rumeur révolutionnaire - on accusa Marie-Antoinette d'avoir conseillé au peuple clamant sa faim qu'il mange de la brioche à défaut de pain - sa saveur beurrée accompagne la mémoire de nos papilles dès l'enfance.
 
Compagne des goûters et de l'heure du thé, distribuée à la sortie de la messe dominicale, baptisée de multiples noms, de toutes formes et de toutes grosseurs, cette fine pâte à pain très améliorée constitue l'un des piliers inamovibles du patrimoine culinaire français.
 
Alors, en ce dimanche où nous voilà tous cloîtrés, l'humeur parfois un peu morose, je partage avec vous les rondeurs réconfortantes de cette brioche parisienne peinte par Edouard Manet en 1870. En cette année terrible, celle de la guerre franco-prusse et des privations du siège de Paris, le peintre nous invite à goûter un peu de ce dessert, promesse de réconfort gustatif et pictural.
La brioche - Edouard Manet - 1870 - Metrop. M. of A. - NYC

 


Harengs aux reflets d'argent

W.Homer Le filet de hareng Métropolitan m of art USA NYC
Au menu de ce vendredi, voici le frétillant hareng. Ce bon et modeste poisson qui s’accorde si bien avec quelques pommes de terre tièdes frileusement enveloppées dans leur robe des champs.

Grégaire et migrateur, le hareng est l’un des poissons les plus abondants au monde : un seul banc peut contenir plus de trois milliards d’individus. Convoité par les pêcheurs européens comme par leurs lointains voisins américains, il figure depuis des décennies en bonne place sur les tables populaires. Au bistro comme à la cuisine, c’est un poisson aux goûts simples qui s’accommode facilement.

Mais sa capture n’est pas sans danger car l’homme doit affronter une mer qui peut à la fois le nourrir et l’engloutir. Le peintre américain Winslow Homer (1836-1910) décrit les efforts héroïques de ces deux pêcheurs dans leur travail quotidien. Face aux éléments déchainés, l’un stabilise l’embarcation tandis que son compagnon remonte le filet plein d'une ribambelle de harengs luisants.  Le filet de harengs - 1885 – W. Homer - Art Institute Chicago


Saveur électorale d'automne

02 11 le roi des potirons DAumier Met - Copie
Maître incontesté de la satire, Honoré Daumier illustre les saisons à sa façon. Publiée en 1865, sous le Second Empire qui a rétabli la censure de la presse, cette gravure associe l'embonpoint de ce couple de bourgeois aux rondeurs des potirons qu'ils observent. Un œil averti pourrait y voir une critique cocasse de la société impériale de Napoléon III.
En ces temps d'élections américaines, dans un pays qui honore particulièrement les citrouilles à l'occasion d'Halloween, voici un clin d'œil sur la (fausse) rondeur d'un certain candidat au teint aussi orangé que les dites cucurbitacées.
"Le roi des potirons recevant les hommages de ses sujets" - Honoré Daumier - 1865 - Metropolitan museum of art - NY

Le monde au-delà de la fenêtre

01 11 Chrysanthèmes Gustave Caillebotte Metropolitan museum of Art NY cc OACélèbre pour ses paysages urbains, vus de la fenêtre ou du balcon de son appartement parisien, le peintre impressionniste Gustave Caillebotte a aussi pratiqué la peinture de fleurs dans sa propriété du Petit Gennevilliers. 

Ami de Monet, il partage son goût du jardinage et suit la mode florale de l'époque qui se passionne pour le chrysanthème.

Venue du lointain Japon, popularisée par les Expositions universelles, motif récurrent de l'art décoratif, en 1893 cette fleur n'est pas encore associée à la Toussaint et apporte une note exotique aux jardins et aux peintures de natures mortes de la fin du 19e siècle.                        Chrysanthèmes - 1893 - Gustave Caillebotte - Metropolitan Museum of Art - NYC

 

 


VISITEZ en restant confinés ! #visitezenrestantconfines

Expo Caravage à Chartres !

Juliette et Alexandre selon Caravage

Les visites guidées vous manquent ......Voici une première sortie avec mes compagnons de confinement !

Nous nous associons à ce jeu lancé sur les réseaux sociaux et qui consiste à mimer, interpréter les oeuvres des musées. 

La peinture choisie est consacrée à deux tableaux du Caravage illustrant le thème de "la diseuse de bonne aventure", l'un se trouve au musée du Capitole à Rome, l'autre au musée du Louvre. Et nous en avons composé un troisième, désormais exposé à Chartres ...

Pour en savoir plus :

un long article sur l'image des femmes et des bas-fonds

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-diseuse-de-bonne-aventure

une série d’œuvres et leurs délirantes interprétations


L'homme et la bête, l'homme est la bête

Metropolitan museum

La chasse, un face à face ancestral. Les destins croisés de l'homme et de l'animal ont nourri l'art et ses représentations depuis l'aube de l'humanité. A la Renaissance, Piero di Cosimo (1462–1522), peintre asocial et solitaire, imagine une scène de chasse primitive où l'humain et l’animal fusionnent. 

Peint à Florence à la fin du 15e siècle, ce sujet est inspiré par un texte composé au cours du 1er siècle avant notre ère et redécouvert à la Renaissance: De Rerum Natura (De la nature des choses). Son auteur, le philosophe Lucrèce, tente d'y expliquer la nature du monde, de faire le point sur l'histoire, les religions.

La représentation du peintre associe la figure du monstre, mi-homme, mi-animal, à l'être primitif, et livre ainsi une version de l’évolution humaine qui n'est pas celle de l'Eglise. Dans cette chasse où l’on ne sait plus qui fuit et qui assaille, l'affrontement cynégétique symbolise toutes les luttes émaillant le destin humain et qui - à leur paroxysme - renvoient l'homme au rang de l'animal.

Metropolitan museum - Copie

Scène de chasse - 1485-1500 - Piero di Cosimo (Piero di Lorenzo di Piero d'Antonio - Metropolitan museum - New York - CC0

ART&CHASSE Chassé-croisé - Anne Chevée - Editions du Gerfaut - 2018  

https://www.editionsdugerfaut.com/produit/art-et-chasse/


Prison royale

A la veille de la Révolution, les grandes prisons parisiennes offraient un triste inventaire des abus et des défaillances de la politique carcérale.

Georges Cain Marie Antoinette sortant de la Conciergerie Musées de la Ville de Paris

Marie-Antoinette sortant de la prison de la Conciergerie le 16 octobre 1793 - Georges Cain - Musées de la Ville de Paris. Parmi elles, la Conciergerie, ancienne demeure royale qui fut l'une des plus importantes et des plus sévères accueillait près de 800 détenus par an.

C'est au 14e siècle que débute l'histoire de cette geôle. Elle tient son nom du logement du Concierge, personnage important et proche du roi, qui résidait là. Aux heures les plus sombres de la Terreur, le terrible Fouquier-Thinville y exerça la fonction d'accusateur public. Plus de 2700 personnes condamnées à mort y "séjournèrent" avant leur départ vers l'échafaud. La reine Marie-Antoinette, le poète André Chénier, les 21 députés girondins déclarés coupables de conspiration contre la République et Robespierre figurent ainsi sur la liste des pensionnaires les plus célèbres.

Au 19e siècle, conformément aux intentions de Louis XVIII, une chapelle fut construite à l'emplacement de la cellule où la reine vécut ses derniers jours. Jugée de manière expéditive, c'est là, au retour du tribunal à 4h du matin, qu'elle passa ses dernières heures avant son exécution à midi et quart.  

Prochain sujet du cycle Tout connaître de Paris, mardi 10 mars et mercredi 11 mars : "76 jours à la Conciergerie" - mardi 17 mars et mercredi 18 mars : "Les dernières heures de Robespierre"


Boîtes à malices

Sous Henri IV, la France qui sort d'une longue période de troubles civils, peine à être le foyer artistique qu'elle fut sous François 1er. 

Pourtant dès 1604, soucieuse de glorifier l'action de son époux, Marie de Médicis propose d'offrir à la ville de Paris une statue équestre du roi, érigée à la pointe de l'île de la Cité, sur le Pont-Neuf. 

Rompue aux usages des cours italiennes, la reine savait qu'un groupe de ce type, associant guerrier triomphant et cheval, fixerait pour la postérité la figure d'Henri IV.

Henri

Malheureusement, de cet ensemble, célèbre dès sa création, il ne subsiste que quelques débris.Victime du vandalisme révolutionnaire, la statue disparut au cours de l'année 1792.

Dès 1814, une version en plâtre fut placée sur le pont et, en 1818 on installa une nouvelle sculpture de bronze. Cette démarche visait à rendre ainsi à Paris son identité royale. L'époque impériale n'ayant pas été avare de monuments symboliques, il sembla nécessaire de contrer la propagande napoléonienne sur son propre terrain. De plus, l'humeur était à la vengeance ! Le nouveau Vert-Galant fut donc coulé dans le bronze de la statue qui surmontait la colonne Vendôme.

On raconte cependant que l'histoire ne s'arrêta pas là. Le fondeur, bonapartiste convaincu, aurait vengé cette profanation en cachant dans le ventre du cheval plusieurs pamphlets contre la Restauration placés dans des boîtes.

L'histoire était assez piquante et les restaurations menées sur la statue en 2004 ont bien révélé la présence de boîtes. Lesquelles contenaient effectivement des documents mais qui étaient liés à la gloire du Vert-Galant ainsi qu'au retour de la royauté sur le trône de France en 1818... 

Un dépôt hautement symbolique qui tentait ainsi d'effacer l’œuvre révolutionnaire en re-consacrant le fondateur de la dynastie Bourbon.

Ce sujet sera développé mardi 10 et mercredi 12 décembre 2018 en salle ART'Hist (Cycle Tout connaître de Paris - Les rives de la Seine). A lire grâce aux livrets qui accompagnent ces conférences : dans la collection Promenades parisiennes, "Sur les traces d'Henri IV" et "Les rives de la Seine"

 
 

 


TRÈS CHERS AMIS

épée académicien Jean Cocteau

Ils sont quarante académiciens à siéger sous la coupole, reconnaissables à leur célèbre habit vert et au port de l'épée. Une tenue bien particulière, définie en 1801 et qui peut revenir très cher. En 2014, le journaliste Daniel Garcia révélait que la confection de cet habit pouvait coûter plus de 30 000 euros, à la charge du nouvel entrant. Une somme à laquelle il faut adjoindre le coût de l'épée, autre symbole de l'académicien. Celle de Jean Cocteau dessinée par Cartier était sertie de diamants. Et comme la tradition le veut, elle lui fut offerte par ses amis. De très chers liens d'amitié ...

Texte extrait du dernier livret de mes Promenades parisiennes "Les rives de la Seine" - Editions ART'Hist - 9 euros. Disponible au rayon Tourisme de la librairie L'Esperluète à Chartres et sur commande auprès de la FNAC. 

Ces livrets sont le fruit d'un cycle de 20 conférences présentées en salle ART'Hist à Chartres d'octobre 2019 à mai 2020 ou en extérieur sur demande. 

 

 


CES PETITES CHOSES NOUVELLES

695 les causeuses 1895

Capter, restituer de brefs moments de la vie en composant ces "petits riens accidentels, insignifiants" (Kierkegaard, Journal, 1841). Vers 1885, affirmant sa volonté de se démarquer de Rodin, Camille Claudel élabore une série de croquis d'après nature qui ont en commun leur thème inspiré du quotidien et leur petite taille comme ces Causeuses ainsi décrites: "Un coin intime, inexpliqué, indéterminé.[...] Au fond dans l'angle, une femme annonce, par le geste plein de menace et de précaution de sa main droite levée près de sa bouche, qu'elle va parler. Et, autour d'elle, et devant elle, les trois commères, exaspérées de curiosité, tendant vers la bouche entr'ouverte déjà et vers le geste révélateur leur visage gourmand de savoir, impatient de connaître et d'entendre" (Morhardt).

Cette sculpture plus intime, qui parle de femmes, n'est pas nouvelle dans l'art de Camille dont les oeuvres expriment toujours une sorte d'émoi et transmettent une intensité très personnelle. Après l'harmonieuse Valse et le terrible choc de Clotho, il semble que toutes ces femmes composent une métaphore de sa vie.

Alors que La Valse représentait l'amour et l'art - deux forces qui l’entraînèrent avant de la briser -l'effrayante Clotho inspirée de la mythologie bataille avec les longs fils de la vie, prisonnière condamnée par ses sentiments. Quant aux Causeuses, leurs commérages ramènent ce qui fut un torrent d'amour et de création à bien peu de chose.

L'oeuvre : Les Causeuses - plâtre 1893-1905 - musée Rodin, Paris. A propos : Le titre "Ces petites choses nouvelles" est une expression employée par Camille Claudel dans une lettre écrite à son frère en 1893.


ETIENNE MARCEL. CE BOURGEOIS PRESQUE ROI

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Une rue, une statue, une station de métro, un prix en faveur des entrepreneurs commémorent le marchand drapier qui portait les idéaux de la bourgeoisie réformatrice dans les temps troublés de la Guerre de Cent Ans.

Soucieux de garder Paris dans son rôle de capitale afin de préserver les intérêts du tiers-état, Etienne Marcel milite en faveur d'une monarchie contrôlée et pour l'égalité de la bourgeoisie face à la noblesse et au clergé. Devant l'incurie de Jean II le Bon - incapable de résoudre les troubles économiques qui affectent le pays - une idée fait son chemin chez les réformateurs : celle que le royaume serait mieux géré par les états généraux que par la dynastie des Valois.

Le 22 février 1358, Etienne Marcel et 3000 émeutiers envahissent le palais de la Cité. Ils veulent impressionner le Dauphin, figure de l'autorité monarchique depuis que son père a été fait prisonnier par les Anglais.
L'histoire retiendra le geste symbolique d'Etienne Marcel se coiffant du chapeau royal et imposant au jeune homme terrifié le chaperon bleu et rouge aux couleurs des réformateurs.(Détail du tableau de Lucien Mélingue - 1879 - Musée d'Orsay)


#cycletoutconnaîtredeParis20192020 #ParisAufildesquais #cpmeiledefranceprixetiennemarcel


DU PAIN SUR LES PLANCHES

Conférence-lecture d'Anne Chevée

Festival-entremets-2019-chartres-
Témoin de notre société, le pain bénéficie d’un statut particulier au sein de l’histoire française. Rassembleur, identitaire ou symbolique, sa consommation et sa représentation nourrissent depuis des siècles l’imaginaire des artistes.

Venez découvrir un inventaire amusant et désordonné inspiré par ce pivot de notre alimentation.

SAMEDI 5 OCT. 2019 / 11H-12H
MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE CHARTRES

Billeterie : https://festival-entremets.fr/produit/dupainsurlesplanches/


L'ART DU PLI

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Un matériau simple : des bandes de coton brut venu des Vosges. Une matière devenue méconnaissable. 

Sous les doigts experts de Simone Pheulpin, les bandes de ce calicot non blanchi sont coupées en bandelettes qu'elle plie et fixe à l'aide de milliers d'épingles. Roulée, pliée, la tranche de ces bandes fait éclore de curieuses formes qui évoquent des fossiles en formation. Un art du plissage étrange, beau et troublant.

Certaines de ses sculptures textiles sont exposées au domaine de Chaumont-sur-Loire. A découvrir lors de la journée Les Basiques Art contemporain ou sur place, à Chaumont. 


AMOUR, GLOIRE ET BEAUTÉ ...

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Posés sur les rives de la Loire ou du Cher, installés en lisière de forêts giboyeuses, sentinelles embellies par des mécènes soucieux d'exprimer leur puissance et leur modernité, les châteaux d'Anet, Amboise et Chenonceau sont les témoins illustres d'une histoire de femmes et de passions. 

Rivales en amour, également éprises d’architecture et obstinées, Catherine de Médicis et Diane de Poitiers ont largement contribué à la notoriété de ces domaines. A Amboise, Catherine profite du bon air de la Touraine et fait engager de nouveaux travaux. Berceau de la Renaissance, la résidence reçut les premiers artistes italiens qui firent connaitre le nouveau style dans le royaume de France. Parmi eux, un certain Léonard de Vinci qui repose désormais sous les dalles de la chapelle du château. 

Non loin de là, la puissante favorite reçoit le domaine de Chenonceau et entreprend des aménagements somptueux dans les jardins puis sur la rivière où l'on jette les arches d'un pont destiné à recevoir une galerie. 

Mais depuis Amboise, Catherine veille et convoite peut-être déjà le domaine chéri de Diane. A la mort du roi, l'ex-favorite est contrainte d'échanger Chenonceau contre Chaumont-sur-Loire. Au grand château féodal, Diane préférera cependant le domaine d'Anet embelli avec soin et où elle rendra son dernier soupir.

Deux femmes, trois châteaux, une époque peu tendre avec la liberté féminine, des histoires d'amour et de pouvoir tissées de vérités et de légendes, à découvrir à travers des conférences et des visites. 

En savoir plus :

Jeudi 11 avril - "Toilette et beauté à la Renaissance" - Conférence en salle ART'Hist à Chartres 

Mercredi 22 mai - "Histoires de Diane(s) - Mythes et réalités" - Conférence en salle ART'Hist à Chartres 

Jeudi 23 mai - "Le château d'Anet" - Visite guidée du domaine - Anet 

Jeudi 13 juin - "Ô les beaux châteaux !" - Conférence en salle ART'Hist à Chartres 

Vendredi 14 juin - "Léonard et la Loire" - Conférence en salle ART'Hist à Chartres 

Samedi 15 et dimanche 16 juin - "Deux jours en Touraine" - Visites du château d'Amboise, du Clos-Lucé et du château de Chenonceau 

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BANDE DE GROTESQUES !

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Homme à tête de lion, poisson à la queue fleurie, superposition de candélabres et d'escargots ... Bienvenue dans l'univers des grotesques, un art du décor né en Europe à la fin du 15e siècle.

Figures hybrides associant chimères et rêves d'artistes, les grotesques troublent la connaissance du monde que s'approprie alors l'homme éclairé de la Renaissance.

Une faute avouée mais qui ne sera pas pardonnée : elles disparaîtront au lendemain du Concile de Trente. 

Lundi 15 avril. 14h30 à 16h30. "Bandes de grotesques !"Atelier pour enfants (7/11 ans) en salle ART'Hist, à Chartres. Qu'est-ce que des grotesques en art ? Où trouver des grotesques à Chartres ? Après une présentation, en salle, des grotesques visibles au musée et dans la cathédrale; atelier de dessin (encre de chine et aquarelle) et confection d'une bande de grotesques. Matériel fourni. 


AU SERVICE DE TOUTÂNKHAMON

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Vieux peuple paysan, l'Egypte conserve dans ses tombes un curieux patrimoine composé de statuettes baptisées oushebtis ou encore chaouabtis.
Ces armées miniatures sont composées d'une multitude d'effigies modelées ou sculptées plus ou moins finement. Il s'agit d'esclaves posthumes destinés aux travaux agricoles de la Douat, cette résidence des morts conçue comme une version idéalisée du monde terrestre. Ils garantissaient au mort une profusion éternelle de nourriture dans l'au-delà. 

La tombe de Toutânkhamon comportait une vingtaine de statuettes dédicacées ainsi que 393 figures dénuées d'inscriptions mais identifiées comme des travailleurs encadrés par des surveillants. Certaines effigies funéraires en forme de momies représentent le pharaon comme cette élégante statuette en bois. Le jeune monarque est coiffé de la couronne khépresh, taillée dans l'ébène. 

Cette statuette en bois habituellement conservée au musée du Caire est visible à la Halle de la Villette, dans l'exposition "Toutânkhamon. Le trésor du pharaon" jusqu'au 15 septembre 2019


DE PÈRE EN FILS...UN PÈRE ET PASSE...si facile la filiation

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L'un est un peintre mondialement célèbre; l'autre son fils, grand cinéaste.

Pierre-Auguste Renoir et Jean Renoir sont au cœur d'une exposition qui explore leurs liens, parfois évidents, souvent complexes.

Sujet de prédilection pour son père, Jean est représenté sur une soixantaine de portraits par le peintre. Parfois costumé, l'enfant joue un "rôle" qui explique peut-être l'origine de son goût pour le cinéma. 

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Habillé en grand Pierrot blanc, Jean pose de manière joyeuse et contredit ainsi l'interprétation traditionnelle que donnent les artistes de ce personnage, généralement vu comme une métaphore de la solitude. Le Pierrot blanc - 1901-1902 - P.A. Renoir - Detroit

Exposition "Renoir père et fils. Peinture et Cinéma". Musée d'Orsay, jusqu'au 27 janvier 2019


SOPHISTICATION SULFUREUSE

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Souriant, à demi renversé sur une peau de bête, un jeune homme étreint de son bras droit le bélier placé derrière lui et se tourne vers le spectateur. Une bien curieuse position pour ce jeune homme, ultime prophète chrétien et futur saint Jean-Baptiste. 

Sa position à la fois complexe et sophistiquée n'est pas sans évoquer celles qu'adoptent d'autres jeunes gens au plafond de la chapelle Sixtine, les ignudi de Michel-Ange, éphèbes musculeux aux poses étonnantes. 

Un siècle après la Sixtine, c'est aussi un Michel-Ange qui signe cette oeuvre romaine. Sulfureux peintre, Michelangelo Meresi di Caravaggio n'en est pas à son coup d'essai. Comme son célèbre prédécesseur, il évolue dans le monde des commanditaires romains prestigieux, celui des dignitaires ecclésiastiques de haut-rang.

Mais alors que l'on renculotte les postérieurs peints par Michel Ange au plafond de la chapelle vaticane, Caravage dévoile les nudités de nonchalants jeunes hommes, usant et abusant des effets de la veine naturaliste, parfois aux limites de l'acceptable.

Provocateur dans le traitement très naturaliste du corps, Caravage se démarque aussi de l'iconographie traditionnelle. Depuis des siècles, il est d'usage de représenter Jean-Baptiste accompagné de l'agneau, symbole du Christ crucifié. Le bélier - bien qu'animal du sacrifice aussi - ajoute une touche sulfureuse à la toile tout en évoquant un autre sacrifice biblique, celui d'Isaac qui préfigure la mort du Christ. 

Une transgression des codes qui vaudra cependant au peintre la célébrité malgré la rupture affichée avec l'idéalisation héritée de la Renaissance.

Cette toile est visible dans l'exposition "Caravage à Rome, amis et ennemis", musée Jacquemart-André. Elle sera commentée en cycle Actualités des expositions

Visite guidée de l'exposition jeudi 11 octobre 2018 à 12h15 (complet).


BELLES LECTURES

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La rentrée ART'Hist se prépare ...studieusement...élégamment ... avec ce joli panneau peint par Rogier van der Weyden vers 1435. (National Gallery - Londres)

Promesse de jolies découvertes avec le cycle Approches, le mardi de 10h45 à 11h45.

Lors de la saison 2018-2019, cette séance du mardi sera consacrée à la découverte des moments forts de l'art occidental, du 15e siècle au milieu du 20e siècle.

Reprise des cours mardi 2 octobre. Pour des informations supplémentaires : [email protected]

 


POSTURES MELANCOLIQUES

Source intarissable de chefs-d'oeuvre depuis l'Antiquité, la mélancolie est un sujet particulièrement passionnant à étudier car il associe deux caractéristiques étonnantes chez certains êtres d'exception: la folie et le génie.

Nommée tristesse romantique, spleen baudelairien ou plus simplement dépression, la mélancolie s'exprime fréquemment par une posture très significative, le menton posé sur la main, symbole de cet état de tristesse pensive. 

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Quand il s'installe à Auvers-sur-Oise, Van Gogh se lie avec le docteur Gachet dont il laissera un portrait frappant: l'homme de science parait marqué par une profonde tristesse. Veuf depuis plusieurs années, Gachet restait très éprouvé par son deuil. Hyperactif, assez peu orthodoxe dans ses idées médicales comme dans ses idées sociales, il connut des moments de lassitude et de déception. Cet état de découragement a probablement été pour le peintre un motif d'identification.

Il est "aussi découragé, écrit Van Gogh, dans son métier de médecin de campagne que moi de ma peinture". " J'ai trouvé dans le docteur Gachet un ami tout à fait et quelque chose comme un nouveau frère, tellement nous nous ressemblons physiquement et moralement aussi. Il est très nerveux et (...) bizarre lui-même. Ce qui me passionne le plus(...) c'est le portrait, le portrait moderne. Je voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard (...) apparussent comme des apparitions. Donc je ne cherche pas à faire cela par la ressemblance photographique, mais (...) employant comme moyen d'expression et d'exaltation du caractère notre science et goût moderne de la couleur."

Gachet avait été attaché à un service de l'hôpital de la Salpêtrière où il avait acquis une réelle expérience de la pathologie mentale et pour sa thèse de médecine, il choisit d'écrire une Etude sur la mélancolie.

 


SUR LE ZINC

A Paris, au 19ème siècle, le mythe de la vie d'artiste devient bien souvent synonyme de vie au café.                                                                                                                                           Bien avant Montparnasse, c'est à Montmartre que rapins et plumitifs sans le sou se réunissent dans ces nouveaux temples de l'intelligence "où souffle l'esprit". Après la Commune et la proclamation de la IIIe République un "pauvre café" de la place Pigalle "fréquenté par tous les mauvais sujets de l'art" devient le lieu de rendez-vous de cette bohème.                                 Dans un café, dit aussi l'absinthe. Degas. Musée d'Orsay
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Immortalisé par Degas dans un célèbre tableau, le café de la Nouvelle Athènes accueille les peintres Renoir, Fantin-Latour, Caillebotte. Satie joue du piano pour gagner sa vie, Mallarmé bavarde avec Villiers de l'Isle-Adam tandis que Sarah Bernhardt y fait quelques apparitions.                                   

Lieux de rencontre, les cafés furent aussi sources d'inspiration et les témoins muets de la naissance de nombreux courants artistiques.

Ce tableau fera l'objet d'une étude détaillée lors des journées Basiques sur l'Impressionnisme, vendredi 13 avril 2018 et samedi 9 juin 2018. 

 


LES LORETTES ESSUIENT LES PLÂTRES

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Jeunes femmes aux mœurs légères, les lorettes habitent au 19e siècle un quartier en pleine évolution situé entre les grands boulevards et Montmartre. Installées autour de l'église Notre-Dame-de-Lorette, elles y gagnent à la fois un surnom - lorette - et une drôle expression liée aux immeubles récemment terminés.

Dès 1783, Louis-Sébastien Mercier, observateur attentif de la vie parisienne, décrit les inconvénients de ces maisons neuves : "Les plâtres que l'on emploie font beaucoup de mal parce qu'ils sèchent difficilement et que l'on habite imprudemment les édifices nouvellement bâtis. De là, des paralysies et autres maladies, dont l'origine est attribuée à des causes étrangères." Et il révèle une coutume bien surprenante : "On abandonne ces maisons neuves et humides aux filles publiques. On appelle cela essuyer les plâtres."

Au siècle suivant, rien ne change ! Contre la promesse de bas loyers, les propriétaires du quartier de Notre-Dame-de-Lorette exigeront que les appartements occupés quelques mois par les filles soient chauffés et les fenêtres bien protégées par des rideaux.

Le temps de faire sécher les plâtres par ces pauvres créatures intégrées - en quelque sorte - dans la grande famille des corps de métier du bâtiment.

Sujet à retrouver dans le tome 5 des Promenades parisiennes : Paris, capitale de l'Amour  Deux circuits pédestres au cœur de Montmartre et de la Nouvelle Athènes. Textes et illustrations : Anne Chevée   -    Disponibles à la FNAC (sur commande) et à L'Esperluète, à Chartres.  Prix : 9 euros

 


PORTRAIT D'UN ROI

CV - Copie

Fin lettré, le roi Charles V a exercé son pouvoir de manière subtile et efficace au cœur d'un siècle marqué par les crises.         

Récession économique, guerre de Cent Ans, terrible épidémie de peste font de ce siècle, une époque d'incertitudes. Pourtant, malgré les difficultés, une véritable politique des arts s'instaure et la sculpture est investie d'un rôle politique: proclamer la magnificence royale. L'année même de son avènement en 1364, Charles V commande son gisant à André Beauneveu.

Ce sera le premier portrait d'un roi réalisé de son vivant. Le souverain apparaît vêtu comme il l'était le jour du sacre. Son visage nous livre une image saisissante, celle d'un homme de vingt-sept ans précocement vieilli par la maladie. Aussi cruel soit-il, cet exceptionnel chef-d'oeuvre témoigne de la naissance du portrait au Moyen-Age.  

Cette oeuvre sera présentée en cycle Approches mardi 27 mars 2018


ÉMOUVANTES LAIDEURS

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Considéré comme une finalité en art par la critique bien-pensante du 19e siècle, le Beau s'est parfois révélé très réducteur pour la création artistique. 

De nombreux artistes ont pourtant démontré que les images dérangeantes pouvaient introduire un nouveau langage. Basé sur une touche plus dynamique, une palette de couleurs violentes ou une construction anatomique peu flatteuse cet axe créatif conduira à l'art moderne du 20e siècle. Parmi les interprètes de la laideur figurent des personnalités aux aspirations parfois très divergentes comme Goya ou Degas.

Mentor de l'américaine Mary Cassatt, Degas semble avoir transmis cette spécificité à sa protégée. Cassatt n'hésite pas à représenter des personnes sans grande beauté, trop ordinaires. La critique sera telle qu'elle lui vaudra le titre peu flatteur d'"apôtre de la femme laide dans l'art".

Mais si la remarque vaut aussi pour les enfants, force est de constater que cette supposée laideur les rend particulièrement réalistes et beaucoup plus touchants. Mary Cassatt exploite avec brio ce thème modernisé de la mère et de l'enfant. Même si selon les mots d'un critique, elle représente "des femmes laides dans des vêtements curieux et des bébés qui en sont dépourvus". 


UNE QUESTION DE TENUE

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On connaît le tempérament d'Edgar Degas en société qui, selon son entourage, se montre volontiers "étincelant", voir "insupportable". "Faiseur de bons mots", il emploie avec une certaine délectation boutades, maximes ou blagues à l'encontre des gens de lettre, de l'Institut ou encore des artistes.

Cette liberté de parole se double d'une forme d'objectivité en peinture qui peut parfois surprendre le sujet lorsqu'il le choisit parmi ses proches.Car soucieux du rendu naturaliste des attitudes, le peintre parisien s'appuie sur les capacités expressives de la ligne sans toujours flatter le modèle.

C'est le cas de cet étonnant portrait de l'artiste Mary Cassatt. Bien qu'amis, le peintre français ne la ménage pas et la représente penchée en avant, dans une attitude peu conforme à celle qu'adoptent les femmes élégantes de sa condition. Il souligne ainsi sa concentration mais fait ressortir les traits angulaires du visage de la jeune femme qui parait presque masculine. Une manière un peu brutale chez Degas d'exprimer picturalement ce que lui inspire son amie : malgré sa tenue parisienne, il considère que la jeune femme reste "américaine" avant tout et donc un peu moins civilisée que ses consœurs européennes. 

A voir jusqu'au 23 juillet 2018 dans l'exposition du Musée Jacquemart André.  


LA PERLE DE COROT

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Célèbre pour ses talents de paysagiste, Camille Corot est aussi l'auteur de peintures de figures. Peu connue, cette production ne fut que rarement présentée au public.

Corot y révèle pourtant un usage hardi de la couleur et une touche plus libre que dans ses paysages. Graves, rêveuses ou mélancoliques, les femmes représentées s'inspirent souvent des maîtres anciens comme cette interprétation librement inspirée de La Joconde.

Fruit de sa maturité artistique, on a parfois voulu reconnaître dans cette composition un autre chef d'oeuvre de la peinture occidentale, La jeune fille à la perle de Vermeer. Mais si le titre fait effectivement référence au fameux tableau du maître de Delft, le modèle de Corot ne porte pas de perle. L’élément qui se détache sur son front est en fait une petite feuille de la couronne végétale qui coiffe la jeune femme. 

Multipliant les variations autour d'un thème, Corot "décante" le modèle comme le fera Cézanne en reproduisant encore et toujours la montagne Sainte Victoire. Il gagne en monumentalité et renouvelle sa peinture au crépuscule de sa carrière. Une audace comprise par la jeune génération du siècle d'après, celle de Picasso et de Braque qui s'en inspirera. 

Sujet présenté lors du cycle Actualités des expositions, en salle ART'Hist, à Chartres.

Exposition "Corot. Le peintre et ses modèles" - Musée Marmottan-Monet - Paris. 


LA GRANDE FERNANDE

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"J'habitais le 13 de la rue Ravignan, quand je remarquais un personnage assez particulier qui venait de s'installer dans la maison. C'était Picasso. Il n'avait rien de très séduisant [...] pourtant, son étrange regard insistant forçait l'attention.[...] ce rayonnement, ce feu intérieur que l'on sentait en lui dégageaient une espèce de magnétisme, à quoi je ne résistai pas.

J'étais, disait-on, la santé, la jeunesse mêmes : grande, pleine de vie, de tous les espoirs de bonheur, confiante, enfin vivant d'illusions.

Parfait contraste avec lui !"

Témoin précieux de la vie laborieuse menée par Picasso au Bateau-Lavoir, Fernande Olivier accompagnera le peintre à partir de 1904 à travers les riches années de la période rose et du cubisme. Un temps de créativité mais qui fut aussi celui des jours sans pain et sans feu ..

Sujet développé mardi 9 et mercredi 10 janvier 2018 en cycle Tout connaître de Paris. 


GAUGUIN, SANS PEUR ET SANS REPROCHE

Extrait d'une lettre de Gauguin à sa femme, Mette. Mars 1892.

(...) Car je suis un artiste et tu as raison, tu n'es pas folle, je suis un grand artiste et je le sais. (...) Tu me dis que j'ai tort de rester éloigné du centre artistique. 25 Monstruosités  1890 91
 
Non, j'ai raison, je sais depuis longtemps ce que je fais et pourquoi je le fais. Mon centre artistique est dans mon cerveau et pas ailleurs et je suis fort parce que je ne suis jamais dérouté par les autres et que je fais ce qui est en moi.

Beethoven était sourd et aveugle, il était isolé de tout, aussi ses oeuvres sentent l'artiste vivant sur sa planète à lui. Vois ce qui est arrivé à Pissarro à force de vouloir toujours être en avant, au courant de tout, il a perdu toute espèce de personnalité et son oeuvre entière manque d'unité. Il suit toujours le mouvement depuis Courbet, Millet, jusqu'à des petits jeunes gens chimistes qui accumulent des petits points. (Gauguin fait référence à l'intéret de Pissarro pour le pointillisme de Seurat)

(...) Je crois faire mon devoir et fort de cela, je n'accepte aucun conseil, aucun reproche.

Autoportrait au Christ jaune - vers 1891 - Musée d'Orsay

Sujet développé lors de la soirée "Gauguin" au Grand Monarque, à Chartres, le 1er décembre 2017. Conférence suivie d'un dîner. 


PASSIONS LITTÉRAIRES ET PICTURALES

Edouard Manet
En littérature comme en peinture, les naturalistes de la fin du 19e siècle ont largement usé de la prostitution pour exprimer la"vérité en art". Cette manière de dépeindre les bas-fonds de la société en pointant ses travers, servait aussi l'audace des auteurs, peintres comme écrivains. 

1880 sera particulièrement prolixe avec la parution de Nana de Zola et trois nouvelles de Maupassant dont Boule de Suif. A cette occasion, la presse bien-pensante qualifie l'année de pornographique. C'est le début d'un âge d'or pour les "romans de filles". 

Zola fait du personnage de Nana un sujet expérimental qui dévoile les ressorts du demi-monde parisien et la prostitution comme sujet littéraire sert de prétexte à une véritable analyse sociale. Car son héroïne incarne le Second Empire : la mort de Nana rongée par la petite vérole coïncide avec la chute du régime honni.

(Nana - Edouard Manet - 1877 - Hambourg.)

Sujet développé mardi 21 et mercredi 22 novembre 2017 - Cycle Tout connaître de Paris. 


BANQUET FUNÉRAIRE CHEZ LES ETRUSQUES

Le bras passé derrière le dos de sa compagne, l'homme se veut protecteur. Un même sourire rêveur flotte sur leurs lèvres. Ils ont partagé cette vie içi-bas, ils attendent sans crainte l'entrée dans l'autre monde.

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Sarcophage des époux - 530-510 av. J.C. - Musée du Louvre - terre-cuite - longueur: 1,94m.

Découvert en 1846 par le marquis de Campana, ce sarcophage de terre-cuite gisait, brisé en plusieurs morceaux dans une tombe à tumulus de la cité-état de Caéré au nord-ouest de Rome. Le caractère exceptionnel de l'oeuvre (un seul autre exemplaire du même type est conservé au Musée de la Villa Giulia à Rome) indique que les défunts appartenaient aux classes supérieures de la société étrusque. Enrichis par leurs activités économiques et maritimes, les plus aisés adoptèrent un mode de vie raffiné.

La main et le flacon ont disparu mais la position du bras droit de la femme indique qu'elle s'apprête à verser quelques gouttes de parfum sur la paume de son époux. Comme le banquet auquel ils participent (la coutume de festoyer à demi allongé sur un lit était traditionnelle), l'offrande du parfum et du vin appartient au rituel funéraire étrusque.

Cette figuration  - le banquet couché représenté sur un sarcophage - n'est pas une invention de l'artiste étrusque. Ce sont les cités grecques ioniennes établies sur la côte de l'Asie Mineure, l'actuelle Turquie, qui transmirent à la Grèce occidentale et à l'Etrurie la coutume de festoyer allongé.

Sujet du Cycle Approches, présenté mardi 6 novembre 2017.


LA GOULUE CASSE LA BARAQUE

Ces deux panneaux ont été réalisés par Toulouse-Lautrec à la demande de la Goulue comme décor de scène. Danseuse célèbre, Louise Weber - surnommée la Goulue - quitte les cabarets pour travailler à son compte dans une baraque de la Foire du Trône en 1895.

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Le premier panneau représente l'époque de sa gloire au Moulin Rouge lorsqu'elle dansait avec Valentin le Désossé. 

L’'impression de mouvement est renforcée par le cadrage et les postures très exagérées qui figuraient aussi sur une affiche réalisée par Toulouse-Lautrec quelques années auparavant.

 

 Le second panneau illustre la danse mauresque exécutée par la Goulue à la foire du Trône. Les musiciens portent des habits inspirés d'un Orient de pacotille (les almées sont des danseuses égyptiennes). Parmi les silhouettes placées au premier plan apparaissent plusieurs personnalités proches du peintre: la danseuse Jane Avril coiffée d’un grand chapeau, l’écrivain Oscar Wilde, Gabriel Tapié de Celeyran, cousin germain du peintre, Toulouse-Lautrec lui-même et le critique Félix Fénéon.  La présence de Wilde et Fénéon peut être perçue comme une forme de provocation de la part de Lautrec car Fénéon fut poursuivi comme anarchiste lors du procès "des trente" (1894) et Wilde, condamné à la prison en 1895 pour homosexualité. 

 

L'exhibition ne connut pas le succès escompté et les panneaux finiront découpés en huit morceaux avant d’être achetés par l’Etat en 1930.Décor de la baraque  

 

 

Sujet présenté en cycle Tout connaître de Paris mardi 17 octobre et mercredi 18 octobre 2017.


PUZZLE OSIRIEN

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Saviez-vous que c'est à la déesse Isis que nous devons l'invention du puzzle ?                                                                          C'est un temps révolu, bien sûr, où les femmes se souciaient davantage du bien-être de leurs époux que de leur vernis à ongles (honte à toutes celles qui se reconnaissent dans cette description de l'épouse moderne)!

En 2 mots et 10 morceaux: Osiris (le gentil) fut découpé par son frère Seth (le méchant) qui jeta les morceaux dans le Nil. Mais grâce à la ténacité et la patience d'Isis (la femme d'Osiris) le premier fut reconstitué. Et comme c'est une belle histoire, elle a une belle fin: de l'union d'Osiris et Isis naquit le petit faucon Horus qui comme chacun sait, est l'ancêtre des pharaons !

Vous suivez toujours? Si ce n'est pas le cas cliquez, cliquez:

Osiris au Louvre: un pendentif précieux représentant Osiris, Isis et Horus.

Petite vidéo : Téléchargement Toucher du doigt Osiris

Ce chef d'oeuvre de l'orfèvrerie égyptienne est actuellement visible dans l'exposition de la Petite Galerie du Louvre. Ce sujet a été développé lors des cycles Approches et Actualités des expositions. 

 

 


T'AS D'BEAUX YEUX, TU SAIS

Le scribe accroupi
Découvert au 19e siècle sur la nécropole de Saqqarah par l'archéologue français Mariette, voici le plus célèbre des inconnus du Louvre.

Chef-d'oeuvre de la sculpture de l'Ancien Empire - il est contemporain des grandes pyramides - l'homme au regard énigmatique devait être important pour avoir bénéficié d'une représentation aussi soignée.

Prince ? Haut-fonctionnaire ? Nul ne le sait mais il est figuré en "scribe accroupi" et témoigne ainsi de l'importance primordiale qu'a eue dans la civilisation égyptienne, l'écriture dont la double vocation fut d'exalter la puissance des dieux et de décrire la vie au-delà de la mort, comme de servir à l'administration et au commerce. 

Ce sujet sera présenté mardi 3 octobre en cycle Approches, en salle ART'Hist.

Clic ! Clic ! Pour le regarder à la loupe ... 


L'AUDACE D'UNE BRUNE

Berthe Morisot
Femme d'exception, Berthe Morisot réussit à mener une vie de grande bourgeoise, d'épouse et de mère de famille ainsi qu'une carrière de peintre d’avant-garde à une époque qui ne favorisait guère l'émancipation féminine. Muse puis belle sœur d'Edouard Manet, elle deviendra l’une des principales figures du groupe impressionniste et l’intime de Degas, Renoir, Monet et Mallarmé.  

Dans ce portrait, réalisé l'année de la première exposition impressionniste, la jeune femme apparaît vêtue de noir car elle porte le deuil de son père. Edouard Manet insiste sur la longue main élégante qui saisit l'éventail. Berthe Morisot était particulièrement attachée à ce tableau qu'elle gardât tout au long de sa vie, probable cadeau de mariage d'Edouard Manet. 

Ce tableau figure dans les collections du Palais des Beaux-Arts de Lille. Il fera l'objet d'une présentation lors de la conférence "Regards sur ...Lille, histoire et patrimoine" programmée mardi 6 juin 2017.


LA VIERGE AU BUISSON DE ROSES

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Objet d'une immense vénération dans le monde chrétien d'Occident comme dans l'Orient byzantin, la figure mariale a beaucoup varié dans ses représentations au fil des siècles. 

Après les vierges hiératiques et austères du haut Moyen-Age, le caractère humain de Marie s'impose au 13ème siècle. Désormais élégantes et maternelles, les Vierges à l'Enfant placées sous le signe de la tendresse se multiplient à partir de la fin du Moyen-Age et connaissent une fortune immense jusqu'au 19ème siècle.

L'une des variantes charmantes de ce courant est La Vierge au buisson de roses, thème inspiré d'un passage du Cantique des Cantiques où la Bien-Aimée est comparée à cette fleur. Sensible au courant mystique qui entoure la Vierge dans les dernières années du 15ème siècle, le peintre Martin Schongauer en a livré l'une des plus belles interprétations. (détail ci-dessus)

Ce chef-d'oeuvre conservé à Colmar sera étudié lors de la conférence du mercredi 31 mai "Joli Mai. Mois de la Vierge" en salle ART'Hist, à Chartres. Inscription préalable requise.

 


OBSESSIONS NORDIQUES

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Jouer du luth, manger des huîtres, nourrir son perroquet, lire ou écrire une missive.

Ces scènes répétées par de nombreux peintres hollandais de la fin du 17e siècle répondent au désir d'une classe privilégiée. Constituée par des familles de commerçants résidant dans les grandes villes, cette minorité souhaite se distinguer par son comportement, sa tenue et désire un type d'art qui reflète l'image qu'elle a d'elle-même.

La peinture de genre de la génération de Vermeer répondra parfaitement à cette demande, multipliant les sujets axés sur les passe-temps de personnages élégants dans une ambiance intime et raffinée, parfois teintée d'humour ou de poésie.

Une recette parfaitement assimilée par les peintres qui explique - en partie - la répétition obsessionnelle des thèmes évoqués.  

Sujet présenté lors du cycle Actualités des expositions " Vermeer et maîtres de la peinture de genre" - 5 - 6 et 7 avril 2017. 


CHER BON GOÛT

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Le décor des boudoirs de Marie-Antoinette est considéré comme l'aboutissement du raffinement en matière de décoration intérieure à la fin du 18e siècle. Ils se distinguent par l'harmonie obtenue entre le décor fixe et le décor mobilier, la qualité de la sculpture, de la peinture ou de la ciselure. Lors de l'aménagement du cabinet de la Méridienne à Versailles ou la modernisation des appartements de la reine à Fontainebleau, peintres, doreurs, sculpteurs, ébénistes ou bronziers donnèrent ce que l’artisanat français faisait de mieux - et de plus dispendieux - à la veille de la Révolution. 

Sujet développé en cycle Tout connaitre de Paris - Les ébénistes du faubourg Saint-Antoine" - 4 et 5 avril 2017. 


BAUDELAIRE ET RODIN, LES FLEURS DU SCANDALE

Je suis belle
L'un sculpte et pétrit amoureusement la terre comme la chair, l'autre cisèle les mots et publie les plus charnels des poèmes de son siècle.

Voir Rodin à la lumière des Fleurs du mal de Baudelaire vous conduira assurément vers la Porte de l'Enfer, chef-d'oeuvre inachevé du sculpteur, né alors qu'il lit avec délectation les poèmes de Baudelaire.

Conçue entre 1880 et 1888, la Porte de l'Enfer constituera un inépuisable réservoir de figures tout au long de sa carrière. Reprenant sans cesse ses figures, Rodin modifie radicalement la signification d'une forme en l'utilisant dans un contexte différent. C'est ainsi que la Femme accroupie située près du Penseur, compose avec l'Homme qui tombe une oeuvre renommée Je suis belle.

La femme accroupie. Sa posture est pour le moins hardie, elle écarte sans pudeur les jambes. Attitude quasi-primitive, aux antipodes de la bienséance et qui fait écho au réquisitoire de maître Pinard en 1857 lorsqu'il tonne contre Baudelaire. "Messieurs, je crois avoir cité assez de passages pour affirmer qu'il y a eu offense à la morale publique. Ou le sens de la pudeur n'existe pas, ou la limite qu'elle impose a été audacieusement franchie." La parution de la première édition des Fleurs du mal vaudra au poète un procès et six poèmes seront censurés.

Rodin a aimé les femmes. Il en posséda quelques-unes, c'est bien connu, physiquement et moralement. Mais elles sont des centaines à être désormais couchées sur ses papiers à dessin. Objets d'étude dont il veut saisir la beauté éternelle, voluptueusement offertes. Recherchant la spontanéité de la pose, Rodin encourage ses modèles à évoluer avec naturel tout en appliquant une méthode d'une grande liberté d'exécution: il ne quitte pas le modèle des yeux tout en dessinant les poses les plus extravagantes. A la recherche de la forme pure, il compose ainsi des dessins d'une grande charge érotique.

Passions, conflits et angoisses ont nourri pareillement les expressions artistiques des deux hommes. Habités par la violence des sentiments, Baudelaire et Rodin approchent de cette conception du symbolisme définie par Aurier en 1891, celle qui est capable, enfin, de "faire frissonner l'âme".

Sujet présenté en cycle Actualités des expositions, mercredi 29, jeudi 30 et vendredi 31 mars 2017. 


LA VIE EN BLEU

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Lorsque Madame du Barry devient la favorite de Louis XV, elle reçoit bijoux et domaines à l'égal de la défunte Madame de Pompadour.

Séduite par la proposition du marchand-mercier Poirier, la nouvelle comtesse commande pour son château de Louveciennes un étonnant guéridon d'acajou orné de scènes galantes et exotiques peintes sur porcelaine. L'audacieux mariage du bois aux couleurs vives de la céramique témoigne parfaitement du goût de l'époque pour les petits meubles luxueux ainsi que de l'habileté technique des peintres de la manufacture de Sèvres

Sujet présenté en cycle Tout connaître de Paris - "Martin Carlin, ébéniste". 28 et 29 mars 2017. 


DE L'ALLURE ET DE L'AUDACE

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Simplifier, oser et cependant ... continuer à charmer.
Depuis le début du 20e siècle, les femmes se sont progressivement libérées des contraintes vestimentaires que leur imposait le diktat de la bienséance. Entravées par d'incommodes crinolines ou étouffées par leurs corsets, elles ont commencé par montrer leurs chevilles et fini par couper leurs jupons.

Mais avant les scandales provoqués par les pantalons féminins, le port du bikini ou celui de la mini-jupe, d'autres bouleversements ont accompagné la libération du corps féminin. Marie-Antoinette en fit les frais dès les années 1780.

Peinte dans une robe dite "en chemise", la simplicité de sa tenue cristallisa aussitôt les critiques lors de la présentation du tableau au Salon. Face à l'opinion publique, l'administration royale préféra ôter ce portrait et le remplacer par une image plus consensuelle. 

Sujet développé les 22, 23 et 24 mars 2017 en salle ART'Hist.  Cycle actualités des expositions. "Tenue correcte exigée" - Musée des Arts décoratifs - Paris. 


DESIGN AU SIECLE DES LUMIERES

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Une merveille de mécanique, un système complexe de ressorts et de contrepoids, le bureau livré au roi en 1769 par l'ébéniste Riesener est aussi un chef-d'oeuvre de marqueterie et de sculpture.

Louis XV souhaitait travailler à l'abri du regard parfois indiscret des familiers de la cour et préserver son courrier sans être obligé de le ranger. 

Jean-François Oeben puis Jean-Henri Riesener ont imaginé ce secrétaire à cylindre considéré comme le meuble le plus emblématique de l’ameublement français au XVIIIe siècle. Neuf années ont été nécessaires pour le concevoir; quatorze corps de métier (ébéniste, bronzier, ciseleur, doreur, horloger ...) y ont contribué. Une seule clé permettait d'ouvrir à la fois le cylindre, de débloquer les tiroirs et d'accéder aux casiers secrets du meuble. 

Introduit en 1712 dans le discours théorique de l'art, le mot design prend tout son sens à cette époque témoignant ainsi de l'inventivité de la création française. Unité du dessein et du dessin, pour la première fois le mobilier est pensé avec une intention particulière et sa forme est adaptée à la fonctionnalité et au confort. 

Sujet étudié lors du cycle Tout connaitre de Paris. Chefs-d'oeuvre de l'ébénisterie parisienne. Mardi 21 et mercredi 22 mars 2017. Salle ART'Hist à Chartres. 


TURQUERIES ET AUTRES FACETIES

Boudoir turc artois
Loin des réalités de l'Empire ottoman, l'aristocratie parisienne du 18ème siècle fantasme sur un monde merveilleux composé d'odalisques délicieuses, de charmants sultans et d'exotiques chameaux.

D'une grande sensibilité à la mode, Marie-Antoinette et son turbulent beau-frère cèdent à la fin des années 1770 à cette mode du goût turc et ordonnent l'aménagement de cabinets raffinés. D'une inventivité et d'une fantaisie peu commune, les éléments de ces décors et plusieurs pièces de mobilier sont à nouveau réunis au Louvre et à Fontainebleau.

Sujet présenté les 8 et 9 mars 2017. Cycle Tout connaitre de Paris. Chefs-d'oeuvre d'ébénisterie. Salle ART'Hist à Chartres. 


DAUMIER, LE MICHEL-ANGE DE LA CARICATURE

 

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LA CRINOLINE PAR TEMPS DE NEIGE. "Ma belle dame...faut'il vous donner un coup d'balai?"

Comme de nombreux dessinateurs de presse sous la monarchie de Juillet, Honoré Daumier est contraint de renoncer à ses caricatures politiques.

A partir de 1835, il se consacre à la satire de moeurs qui lui permet de ridiculiser l'autorité en l'atteignant dans ses activités commerciales et financières. Chaque série d'estampes démontre l'acuité de son observation et son sens inné des formes. Qualités que son ami Balzac résume d'une phrase lapidaire qui honore le caricaturiste: "Ce gaillard-là a du Michel-Ange sous la peau!"

L'observation des aléas météorologiques lui offre une multitude de possibilités plastiques dont il joue avec le plus grand bonheur.

Quelques exemples de caricatures politiques en cliquant sur les deux adresses suivantes:

http://www.histoire-image.org/site/rech/resultat.php?mot=&auteur=daumier&auteur_id=&titre=&liste_themes=&type_oeuvre_id=&annee_debut=&annee_fin=&musee=&x=62&y=7

Un site particulièrement riche:

http://expositions.bnf.fr/daumier

Ce sujet sera développé mardi 7 février 2017 en cycle Approches. 


UNE CULOTTE A L'ENVERS MAIS UN TRÔNE AU BON ENDROIT

13 titre donné des le 12es par Suger car fondateur de St Denis le trouve disloquéBien connu dès le Moyen-Age, le bon roi Dagobert doit une partie de sa célébrité à un étonnant fauteuil de bronze.

Identifié dès le XIIe siècle sous l'appellation de "trône de Dagobert", on le présentait alors comme oeuvre de saint Eloi, orfèvre de ce même roi. Il est probable que seule sa présence très ancienne dans le trésor de l'abbaye de Saint-Denis a pu ensuite le préserver de la fonte.

Autrefois doté de lanières de cuir pour l'assise, il pouvait se plier et devenir ainsi un siège de campagne aisément transportable. Qualité mise à profit par Napoléon 1er en 1804 qui le fera transporter au camp de Boulogne lors de la remise des premiers insignes de la Légion d'honneur. Un usage qui nécessita une grossière réparation encore visible et qui a bloqué le pliant en position ouverte.

La consécration de Dagobert tient cependant moins à son illustre siège qu'à la notoriété de sa culotte. Chantée dès le 18e siècle dans la rue, les paroles de cette chanson constituaient une critique virulente à l'encontre du monarque du moment - Louis XVI - qui, à défaut de problèmes de culotte, connut quelques soucis de tête ! 

Un trône posé au bon endroit, encore pour quelques mois, au Musée national du Moyen-Age à Paris, le musée de Cluny. 

Visite guidée de l'exposition Les temps mérovingiens - Musée de Cluny - Samedi 28 janvier 2017 à 13h15. 

A propos de la tombe d'Arégonde dont les bijoux sont présentés dans l'exposition...et de l'étonnante découverte de 2003 ....