UNE BELLE COMPLICITÉ
CHASSE MOGHOLE

LE ROI DU CIVET

Chardin Met

Disposés près d’une soupière, les trophées d’une partie de chasse semblent attendre l’arrivée de la cuisinière.

En France, on a longtemps privilégié le lièvre et le lapin de garenne au lapin de chou, c’est-à-dire le lapin d’élevage. Les gourmets considéraient en effet les « connins » sauvages comme bien meilleurs que leurs cousins de clapier et, au milieu du 18e siècle, le lièvre va devenir le roi du civet. Désormais servis dans une sauce liée avec le sang de l’animal, les morceaux de lièvre composent un plat qui devient alors emblématique de la gastronomie française.  

Mêlant fruits, légumes et gibier, cette nature morte témoigne du don de Jean-Baptiste Siméon Chardin à traiter chaque matière en fonction de sa capacité à absorber ou à réfléchir la lumière : subtilité des poils du lièvre, éclat du métal de la soupière, moirure des pommes et des poires. Tapi dans l’angle gauche, le corps tendu d’un chat apporte une note de vie et laisse supposer que la chasse n’est peut-être pas tout à fait close.

Chat guettant une perdrix et un lièvre morts – Jean B. Siméon Chardin - vers 1728-1730 – Metropolitan Museum of Art, NYC

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